L’UMP salue le «Président qui fait ce qu'il dit» quand le PS dénonce un discours «à côté de la plaque»

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Publié le 8 janvier 2008.

REACTIONS - Après les vœux de Nicolas Sarkozy à la presse...

Au sein de la majorité, les députés du Nouveau Centre (NC) estiment que Nicolas Sarkozy «a eu raison de placer l'homme au coeur des préoccupations, au coeur de la politique». «L'idée d'une politique de civilisation est une idée à laquelle nous participons, mais nous souhaitons aussi que la France soit exemplaire en matière de finances publiques».

L'UMP a, elle, salué le «volontarisme» de Nicolas Sarkozy. Pour le parti du chef de l'Etat, «le président qui fait ce qu'il dit» et a montré une «France qui ne baisse pas les bras et qui veut changer de logique économique». Le Président de la République a montré «sa volonté d'un engagement fort de l'État pour changer le rapport Capital/Travail dans l'entreprise et rééquilibrer la situation entre salariés et actionnaires. La gauche l'a rêvé, la majorité va le faire», estime le parti majoritaire à l'Assemblée nationale.

«Un excès de personnalisation»

Petit bémol au sein de la majorité, le député villepiniste François Goulard a estimé qu'il «a peut-être un excès de personnalisation et le risque qu'il soit surexposé» bien que «la forme était brillante, avec un président qui est apparu offensif, avec un sens de la formule et de la dialectique». «Il a voulu montrer que l'animal politique est vivant et bien vivant. On a l'impression que c'est quelqu'un en surrégime», a-t-il regretté.

Quant au sociologue Edgar Morin, abondamment cité par Nicolas Sarkozy, il s'est dit «prêt à entrer dans un débat» autour du concept de «politique de civilisation». «J'ai vu un mélange des deux Sarkozy, le Sarkozy d'avant la politique de civilisation et le Sarkozy d'après. Il rejoint certains des thèmes, notamment l'idée qu'il faut faire primer la qualité sur la quantité, le mieux sur le plus, mais il y a encore beaucoup de plus dans ce qu'il dit : la croissance, la quantité d'heures de travail...», a-t-il déclaré sur France Info. «Quand il a repris une de mes formules, qu'il faut mettre l'homme et la femme au centre de la politique, c'est absolument évident», a poursuivi l'auteur en 1997 d'un livre intitulé «Pour une politique de civilisation».

«C'est un premier pas. S'il continue, cela mène à un changement radical. Je crois que la politique de civilisation amène à changer de voie, ne plus croire de façon aveugle que c'est le développement en terme quantitatif qui va tout régler. Maintenant je suis très attentif, il faut voir. Il est arrivé qu'il y ait de grandes conversions en politique».

Dans l'opposition, le PS a été le premier à dégainer, la porte-parole du groupe à l'Assemblée, Aurélie Filippetti, ironisant sur le «cinéma» du Président. Selon elle, son discours «à côté de la plaque» visait à «masquer l'absence de résultats».

«Bilan négatif»

«Il se dissimule derrière ce concept dangereux de politique de civilisation (...) Il était très sur la défensive, car c'était quand même un bilan négatif qu'il tire de son action des six derniers mois», a-t-elle déclaré dans les couloirs de l'Assemblée.

François Hollande
a confirmé, estimant que le chef de l’Etat avait «évité de répondre aux questions essentielles de la croissance et du pouvoir d'achat». «Pendant près de deux heures, Nicolas Sarkozy a tenté de créer l'illusion du mouvement. (...) Il a disserté philosophie et civilisation pour éviter de répondre aux questions essentielles où il était attendu : celles de la croissance, du pouvoir d'achat, de la vie chère, des salaires et de l'emploi», a affirmé le Premier secrétaire du PS.

Lors d'un point de presse au siège du PS, le porte-parole du parti Julien Dray a quant à lui parlé d'un «constat d'impuissance». Nicolas Sarkozy est «très fort pour disserter de manière philosophique sur un très grand nombre de problèmes sérieux ou un peu moins sérieux» mais «sur le principal des maux des Français», à savoir le «pouvoir d'achat», sur «les prix à la consommation, prix de l'énergie, prix des loyers, il n'y a pas de réponse», a-t-il dit.

Vision «ultra-réactionnaire»

A la gauche de la gauche, la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a dénoncé la vision «ultra-réactionnaire et destructrice du changement» qu'a exposée Nicolas Sarkozy. «Il est tout simplement faux d'expliquer que l'on peut faire mieux avec moins, les services publics ont besoin d'investissement humain et financier pour répondre aux besoins», a-t-elle déclaré.
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