Pour Bernard Cazeneuve, la «clause Molière» n'est qu'une «clause Tartuffe»

CONSTRUCTION Le ministre a fait allusion au célèbre personnage hypocrite de Molière pour dénoncer une « mesure ouvertement discriminatoire »...

20 Minutes avec AFP

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Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve — PASCAL LACHENAUD / AFP

La « clause Molière », mesure qui vise à imposer le français sur les chantiers dans certaines régions, s'apparente à « une clause Tartuffe » dont les promoteurs visent « à tirer profit électoral », a taclé ce mercredi Bernard Cazeneuve.

« Derrière la + clause Molière +, c’est la clause Tartuffe dont il faut se méfier », a estimé le chef du gouvernement, faisant allusion au célèbre personnage hypocrite de Molière pour dénoncer une « mesure ouvertement discriminatoire », lors d’un discours devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Une mesure « infailliblement condamnée » par « n’importe quel tribunal »

Dans ce discours consacré au dialogue social et à la langue française, Bernard Cazeneuve a estimé que la mesure controversée serait « infailliblement condamnée » par « n’importe quel tribunal » car elle vise à « faire obstacle à la concurrence d’entreprises étrangères faisant appel à des travailleurs détachés ». 

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« Je crois donc être bien placé pour vous dire que l’on peut, en cette matière, lutter contre les fraudes et contre les excès sans prendre, au mépris du droit, en contravention avec l’Etat de droit et parfois par pur calcul électoraliste, des mesures ouvertement discriminatoires à l’égard d’entreprises étrangères et qui seront infailliblement condamnées comme telles par n’importe quel tribunal », a-t-il notamment affirmé dans une longue tirade contre la clause dite « Molière ».

Plusieurs régions principalement de droite (Ile-de-France, Hauts-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes…), des villes (Montfermeil, Chalon-sur-Saône) ou départements (Haut-Rhin, Charente) ont décidé d’imposer l’usage du français sur les chantiers dont ils sont maîtres d’oeuvre. Les Alpes-Maritimes devraient suivre prochainement.

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Des mesures de « pure posture politique »

Les élus qui prennent ces décisions « ne font pas mystère de ce que ces clauses ne sont pas inspirées par l’amour de notre langue, mais par l’objectif de faire obstacle à la concurrence d’entreprises étrangères faisant appel à des travailleurs détachés. Et ils ont peine à cacher qu’ils espèrent pour un certain nombre d’entre eux, je dis les choses franchement, en tirer un profit électoral », a encore critiqué Bernard Cazeneuve.

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Tout en affirmant que « la langue française doit être la langue de l’intégration », il a déploré des mesures de « pure posture politique », « contraires aux intérêts de la France » car susceptibles de provoquer « des mesures de rétorsion » à l’étranger.

Le Cese regroupe notamment des membres issus des milieux patronaux et syndicaux, qui comme le gouvernement ont condamné ces initiatives.