VIDEO. Présidentielle: «Un ami m'a offert des costumes en février. Et alors?», se défend François Fillon

REVELATIONS Selon le « JDD », le candidat LR se serait fait offrir pour 48.500 euros de vêtements depuis 2012, dont 35.500 réglés en liquide…

D.B. avec AFP

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Le 9 novembre 2014 François Fillon. AFP PHOTO / Kenzo TRIBOUILLARD

Le 9 novembre 2014 François Fillon. AFP PHOTO / Kenzo TRIBOUILLARD — AFP

« Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? », s’exclame François Fillon, dans un entretien aux Echos à paraître lundi. Une réponse à la nouvelle polémique qui le vise après les révélations dimanche du JDD selon lesquelles il se serait fait offrir des costumes de luxe.

Le Journal du dimanche affirme en effet qu’un mécène a signé le 20 février un chèque de 13.000 euros pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics. « J’ai payé à la demande de François Fillon », a affirmé cet « ami généreux » au JDD. A cela s’ajouteraient selon l’hebdomadaire près de 35.500 euros « réglés en liquide » pour de précédents achats au profit de François Fillon chez ce tailleur, pour un montant de près de 48.500 euros au total depuis 2012.

Une « intention évidente de nuire » dénonce-t-il

Le candidat de la droite dénonce une « intention évidente de nuire ». « J’observe que ma vie privée fait l’objet d’enquêtes en tous sens et que ce traitement m’est réservé. Mes faits et gestes sont scrutés tous les jours dans l’intention évidente de me nuire pour m’écarter de la course à la présidentielle », se défend le candidat Les Républicains.

Dans son entourage, on considère que ces cadeaux n’ont « rien de répréhensible » mais qu’il est « totalement extravagant » de soutenir « que certains costumes auraient été payés en espèces », car « aucune maison sérieuse n’accepte des paiements en espèces pour de tels montants ».

Favori de la présidentielle à l’issue de la primaire à droite, François Fillon a vu sa candidature mise en question jusque dans son propre camp en raison de l’affaire de l’emploi présumé fictif de sa femme Penelope révélée fin janvier. Les appels au «plan B » se sont multipliés jusqu’à ce qu’il obtienne il y a une semaine le soutien clair des Républicains, au lendemain d’un rassemblement de dizaines de milliers de partisans au Trocadéro.

Encore un caillou dans sa chaussure

A quelques jours de sa convocation mercredi par les juges d’instruction en vue d’une possible mise en examen dans cette affaire, cette révélation sur ces cadeaux vestimentaires n’arrange pas les affaires du candidat alors que les sondages d’intention de vote n’envisagent plus sa présence au second tour, le plaçant derrière le duo Macron-Le Pen.

« Ça devient insupportable », a pour sa part réagi le porte-parole du candidat, Luc Chatel, qui a dénoncé sur Europe 1 « une campagne de caniveau ». « On va continuer jusqu’où ? On va vérifier si sa grand-mère n’avait pas un emprunt russe et s’il l’a bien déclaré dans sa déclaration de patrimoine ? », a ajouté Luc Chatel, qui s’est indigné de voir que François Fillon, « depuis presque deux mois, est passé au scanner tous les jours ».

La déclaration des dons est obligatoire

Des députés socialistes se demandent si François Fillon, député de Paris, a bien déclaré ces dons. Une décision du bureau de l’Assemblée remontant à 2011 rend en effet « obligatoire la déclaration de tout don ou avantage d’une valeur supérieure à 150 euros ». Les dons de proches « dans un cadre strictement privés » sont exemptés de cette obligation, fait valoir la déontologue de l’Assemblée dans une lettre de juillet 2013.

« Que pense le déontologue d’un député qui se fait offrir 50.000 euros de costumes quand la règle est de refuser les cadeaux de plus de 150 euros ? », a demandé le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, sur Twitter. « Fillon a-t-il déclaré ces dons au déontologue de l’Assemblée ? C’est obligatoire. Sinon Claude Bartolone doit agir », a tweeté de son côté le député PS Christophe Castaner, soutien d’Emmanuel Macron.

Le règlement de l’Assemblée prévoit qu’en cas de manquement à cette obligation de déclaration, le bureau de l’Assemblée peut prendre des sanctions disciplinaires à l’encontre du député. Cependant, selon les rapports d’activité du déontologue, les députés n’ont pas de délai fixe pour déclarer les dons reçus. Et peu de dons sont généralement déclarés par les 577 députés : seulement 19 entre juin 2015 et novembre 2016, dont 12 invitations à des événements sportifs.