Soupçons d'emplois fictifs au Font national: Marine Le Pen nie tout

FRAUDE La candidate du Front national a démenti avoir reconnu devant les enquêteurs l’emploi fictif de son garde du corps comme assistant parlementaire européen...

M.F avec AFP

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Marine Le Pen nie avoir salarié fictivement un assistant parlementaire

Marine Le Pen nie avoir salarié fictivement un assistant parlementaire — CHAMUSSY/SIPA

« Un mensonge éhonté. » Jeudi 16 février, Marianne et Mediapart ont publié le rapport confidentiel de l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF). Celui-ci indique que la présidente du Font national aurait reconnu devant les enquêteurs avoir salarié fictivement son garde du corps en tant qu’assistant parlementaire. Très en colère face à ces accusations, Marine Le Pen a vivement démenti dès le lendemain sur France Bleue Besançon.

« Je n’ai jamais reconnu quoi que ce soit devant des enquêteurs que je n’ai jamais vus, affirme-t-elle. Il n’y a eu absolument rien de fictif, ni d’emploi fictif, ni rien de tout cela dans ce dossier. » Pourtant, selon le rapport de l’OLAF, la députée européenne a reconnu avoir salarié fictivement Thierry Légier pour « régulariser des salaires et charges ». La thèse d’une « régularisation comptable » a été expliquée dans un communiqué publié par l’avocat de Marine Le Pen, Marcel Ceccaldi.

Un communiqué auquel une journaliste de Mediapart a immédiatement réagi sur Twitter. Elle y explique que le Parlement européen a démenti la version de Marine Le Pen, assurant qu’il n’y avait « aucune trace dans le dossier » laissant penser « qu’il ait accepté un contrat comme moyen de régularisation ».

Les extraits du document publié précisent dans le détail, que Marine Le Pen « a reconnu d’une part que les bulletins de salaire établis sur la période d’octobre à décembre 2011 pour un montant de 41.554 euros n’ont jamais été payés au bénéficiaire indiqué, Thierry Légier, et que d’autre part elle n’avait pas employé M. Légier pendant ces trois mois ».

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Pour sa défense, Marine Le Pen a expliqué qu’il y avait eu « une régularisation comptable entre le Parlement européen et le tiers payant dans cette affaire ». Elle assure en avoir les preuves. Preuves qu’elle aurait d’ailleurs transmises à l’Office européen de lutte anti-fraude. « Mais l’OLAF n’est pas une structure indépendante, c’est un organisme de la Commission européenne donc vous imaginez bien que je ne suis pas dans les petits papiers de la Commission européenne », justifie la candidate. L’avocat de Marine Le Pen a de ce fait décidé de porter plainte contre l’Office.

Marine Le Pen est accusée par le Parlement européen d’avoir perçu 340.000 euros pour rémunérer deux assistants parlementaires, Catherine Griset et Thierry Légier, qui n’auraient travaillé que pour son parti. En août 2016, l’OLAF a demandé de rembourser cette somme. Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte le 15 décembre 2016 par le parquet de Paris pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé dans cette même affaire.