VIDEO. Algérie: Emmanuel Macron répond à ceux qui veulent «instrumentaliser» ses propos

RIPOSTE « Et je ne céderai rien à tous les responsables politiques qui aujourd’hui cherchent à instrumentaliser notre histoire, à instrumentaliser mes propos à des fins clientélistes ou électoralistes »…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron le 14 février 2017.

Emmanuel Macron le 14 février 2017. — STRINGER / AFP

Emmanuel Macron a décidé de riposter, après le tollé provoqué par sa sortie sur la colonisation française, « crime contre l’humanité », selon ses mots. Dans une vidéo, le leader d’En marche ! accuse ses adversaires d'« instrumentaliser ses propos à des fins électoralistes ».

Concernant le passé colonial français, « il est temps de laisser le passé… passer. Sans repentance, et j’ai toujours été clair sur ce point, et sans refouler aussi », affirme le candidat à l’élection présidentielle dans cette vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux.

Instrumentalisation

« Et je ne céderai rien à tous les responsables politiques qui aujourd’hui cherchent à instrumentaliser notre histoire, à instrumentaliser mes propos à des fins clientélistes ou électoralistes », ajoute-t-il.

Sans revenir sur ses propos, mais sans les renouveler, le candidat affirme avoir tenu « un discours de vérité et de complexité » pour « clôturer le deuil » de la guerre d’Algérie.

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« Il est temps de clôturer ce deuil. Il faut pour cela avoir le courage de dire les choses et de ne céder à aucune simplification. C’est ce discours de vérité et de complexité que j’ai toujours tenu et que je tiens aujourd’hui », affirme-t-il.

Le candidat d’En marche !, bien placé selon les sondages pour remporter la présidentielle, adresse toutefois plusieurs messages aux anciens combattants de la guerre d’Algérie et aux pieds-noirs ayant dû quitter le pays en 1962.

« Reconnaître une responsabilité de l’Etat français »

« Mes propos n’étaient pas destinés contre vous, en rien. C’était simplement reconnaître une responsabilité de l’Etat français et nous ne devons pas nous dérober », dit-il.

Pour Emmanuel Macron, « la colonisation a introduit une modernité par effraction » et « des dizaines de milliers d’instituteurs, de médecins, de fermiers ont beaucoup donné à l’Algérie ».

Quant aux pieds-noirs, ils « ont été les victimes de la politique algérienne de la France avant comme après la guerre : une colonisation à sens unique ne leur a pas laissé d’autre issue que de quitter brutalement et à jamais les terres où ils étaient nés. C’était une injustice et c’est encore une souffrance », dit-il.

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Il s’adresse également aux harkis, ces soldats algériens restés du côté de la puissance coloniale : ils « ont été les victimes de la trahison de l’Etat français » et « nous les avons abandonnés alors qu’ils s’étaient battus dans nos rangs ».

C’était une « faute » et une « trahison », affirme Emmanuel Macron, qui cite également le cas des interprètes afghans de l’armée française durant la récente guerre d’Afghanistan.

Rigueur

Richard Ferrand, secrétaire général d’En marche ! et l'un des principaux lieutenants d’Emmanuel Macron, a jugé ce terme « conforme » à la redéfinition du crime contre l’humanité votée par le Parlement français en 2010, alors que le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon était Premier ministre.

François Fillon, lui, avait jugé mercredi soir « indignes d’un candidat à la présidence de la République ».

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« Il faut être rigoureux. François Fillon a pas mal de trous de mémoire », a répliqué Richard Ferrand lors de l’émission en ligne «.Pol » (Huffington Post, JDD, L’internaute.com et Le Lab Europe 1).

« Il y a un trou de mémoire qui me paraît une faute politique grave de sa part : il a fait voter en 2010 au Parlement français la définition du crime contre l’humanité en calant cette définition sur celle de la Cour pénale internationale », a-t-il souligné.

« Le crime contre l’humanité, dans son acception historique, avait une forte dimension génocidaire. La redéfinition de son concept est parfaitement conforme à ce que représente la colonisation », a pointé le soutien d’Emmanuel Macron.