A Bruxelles, l’assistante parlementaire de Marine Le Pen rentrait «par le parking»

UNION EUROPEENNE Le Parlement européen accuse la présidente du FN d'avoir rémunéré sur ses deniers des collaborateurs qui travaillaient en réalité pour le parti...

M.C.

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La présidente du Front national français, Marine Le Pen, le 21 janvier 2017, à Coblence, en Allemagne.

La présidente du Front national français, Marine Le Pen, le 21 janvier 2017, à Coblence, en Allemagne. — Roberto Pfeil / AFP

Catherine Griset dormait « sur un canapé-lit » à Bruxelles et rentrait au Parlement « par le parking ». Alors que Marine Le Pen, accusée d’irrégularités sur la rémunération de plusieurs de ses collaborateurs, refuse de payer les 300.000 euros que lui réclame le Parlement européen, son assistante parlementaire a été entendue par l’Office européen de lutte contre la fraude (Olaf).

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D’après le contenu de l’audition, révélé ce jeudi par L’Obs, celle-ci a tenté d’expliquer qu’elle résidait bien à Bruxelles et travaillait bien au Parlement, ce dont doute l’institution, qui accuse Marine Le Pen de l’avoir rémunérée avec les deniers de l’Europe alors qu’elle travaillait en réalité pour le Front national.

Marine Le Pen est monté au créneau ce mercredi pour défendre sa secrétaire. Elle a assuré que celle-ci avait «démontré» aux enquêteurs qu'elle avait bien travaillé pour l'institution européenne. «Tout ça a été prouvé», a affirmé la président du FN lors de l'émission Questions d'Info (LCP-AFP-Le Monde-France Info). «Tout le monde sait qu'elle est mon assistante depuis 20 ans, je l'ai embauchée quand elle avait 25 ans». «Elle était aussi à Bruxelles, elle était aussi en France quand je le décidais, car c'est moi qui décide où mener le combat contre l'Union européenne», a ajouté la candidate FN à la présidentielle.

« Canapé-lit »

Catherine Griset, amie de longue date de la présidente du FN et son assistante parlementaire accréditée au Parlement européen du 3 décembre 2010 au 15 février 2016, « n’a pas été en mesure de démontrer qu’elle résidait de façon continue ou avec un caractère permanent en Belgique, ni qu’elle se rendait régulièrement à son lieu de travail », a écrit dans un courrier envoyé à Marine Le Pen Klaus Welle, le plus haut fonctionnaire du Parlement européen.

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Mais si les enquêteurs n’ont trouvé ni bail, ni contrat d’eau ou d’électricité à son nom en Belgique, c’est par ce qu’elle était « logée par des amis qui avaient une grande maison. », selon les propos de Catherine Griset rapportés par L’Obs. Elle aurait aussi affirmé qu’elle disposait au début de sa propre chambre mais que des travaux d’agrandissement l’en ayant privée, elle s’était retrouvée à dormir « sur un canapé-lit ». Un témoin anonyme aurait cependant, d’après le magazine, déclaré aux enquêteurs que Catherine Griset n’avait « jamais passé une semaine entière à Bruxelles ».

Les huissiers l’auraient laissé entrer par le portique des députés

Autre point troublant, autre ligne de défense : si les registres du Parlement n’ont gardé la trace que de trois heures de présence de la collaboratrice dans les murs européens entre le 1er octobre et le 31 décembre 2014, c’est parce qu’elle « rentrait par le parking, dans la même voiture que madame Le Pen », affirme encore Catherine Griset. Les assistants parlementaires, précise L’Obs, sont cependant tenus d’emprunter un portique spécifique lorsqu’ils sortent du parking. L’ancienne assistante parlementaire affirme, elle, que les huissiers l’auraient laissé entrer par le portique des députés.

Outre Catherine Griset, Marine Le Pen a jusqu’au 28 février pour verser 41 500 euros de préjudice concernant le salaire du deuxième assistant, son garde du corps Thierry Légier. Elle ne serait pas la seule dans le collimateur du Parlement, affirme L’Obs : selon le magazine, l’institution réclamerait à six autres députés FN la somme totale de 1,1 million d’euros, pour avoir rémunéré sur ses deniers des collaborateurs qui travaillaient au siège du FN, à Nanterre.