Primaire de gauche: Revenu universel, éducation, immigration… Que propose Benoît Hamon?

PROGRAMME « 20 minutes » passe au crible les idées phares du candidat au second tour de la primaire de gauche…

Delphine Bancaud

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Benoit Hamon, Paris- 22/01/2017. Credit:LEWIS JOLY/SIPA.

Benoit Hamon, Paris- 22/01/2017. Credit:LEWIS JOLY/SIPA. — SIPA

« Il faut en finir avec les vieilles recettes, la vieille politique, ces vieilles solutions qui ne marchent plus », a déclaré ce dimanche Benoît Hamon, arrivé en tête au premier tour de la primaire socialiste. 20 minutes a synthétisé les principales mesures proposées par le candidat.

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Le revenu universel, un axe central de sa campagne

Benoît Hamon veut verser un revenu universel versé à tous les citoyens. Il s’agit d’un objectif à long terme. Dans un premier temps, le RSA serait augmenté de 10 %, à 600 euros mensuels, et un revenu d’existence versé à tous les jeunes. Puis une « conférence citoyenne » fixerait le périmètre et le calendrier de cette réforme. Une mesure qu’il financerait en partie via une « taxe sur la richesse créée par les robots ».

Lutter contre les inégalités scolaires, un impératif

Pour ce faire, Benoît Hamon veut d’abord améliorer la mixité sociale des établissements en revoyant la sectorisation, afin que les bassins de recrutement des établissements soient plus mixtes qu’actuellement. Il souhaite aussi impliquer l’enseignement privé dans cet effort de mixité sociale. Benoît Hamon se prononce aussi en faveur d’une extension au lycée de la réforme de l’éducation prioritaire. Il propose la création d’un indice social pour les lycées, fondé sur la catégorie socioprofessionnelle des familles, le pourcentage de boursiers, le nombre d’élèves ayant une autre langue maternelle que le français… Cet indice permettra de déterminer les établissements les plus défavorisés et d’y concentrer les moyens.

Par ailleurs, il propose la création de37.000 postes dans l’Éducation nationale, principalement des enseignants. Et ce afin de diminuer les effectifs par classe pour améliorer les conditions d’enseignement. Le seuil maximal d’élèves en classe de CP, CE1 et CE2 serait même de 20 pour les écoles des départements d’Outre-mer, les territoires ruraux en difficulté et les établissements appartenant à des réseaux d’éducation prioritaire (REP ou REP +). L’ancien ministre de l’Education a aussi conscience qu’il faut renforcer la formation continue des enseignants : « En fonction de son ancienneté et des besoins qu’il exprimera, chaque enseignant bénéficiera tous les ans de 3 jours, 5 jours ou 10 jours de formation », détaille-t-il dans son programme.

Faire avancer les droits des salariés

Le candidat, qui s’était opposé à la loi Travail à l’Assemblée, entend l’abroger pour en particulier rétablir « la hiérarchie des normes » : le code du travail doit selon lui primer sur les accords de branche ou d’entreprise. Il promet par ailleurs de revaloriser le Smic et le point d’indice de la fonction publique et d’organiser la baisse du temps de travail par « un droit inconditionnel au temps partiel accompagné d’une compensation salariale ». Il veut en outre reconnaître le syndrome d’épuisement professionnel, dit « burn-out », comme une maladie professionnelle.

Une politique immigration « généreuse »

Benoît Hamon se veut « beaucoup plus généreux en matière de droit d’asile » que Manuel Valls. Il a réaffirmé mardi soir à Bordeaux sa volonté d’instaurer des « visas humanitaires », organisant la venue de migrants sur le sol européen dans des conditions décentes, pour y étudier leur candidature. « Il faut aussi multiplier par deux le nombre de places en CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) », a-t-il encore plaidé. Il souhaite aussi instaurer « un droit au travail sous certaines conditions » en France pour ces populations.

L’ancien ministre de l’Education appelle aussi de ses vœux des « accommodements qui dans le respect de la laïcité et des principes de la République permettront à l’islam en France de trouver une place semblable à celle des autres religions ».

Moderniser les institutions

Benoît Hamon veut aller vers une VIe République par une série de réformes : référendum d’initiative populaire permettant d’abroger une loi, septennat non renouvelable, tirage au sort d’une partie des sénateurs, reconnaissance du vote blanc, introduction d’une dose de proportionnelle pour l’élection des députés…

Il veut aussi réduire à trois le nombre de mandats électifs successifs, et limiter aux textes budgétaires le recours à l’article 49.3 de la Constitution (adoption d’un texte sans vote).

Remettre en cause les engagements européens

Le candidat refuse de devoir maintenir le déficit budgétaire dans la limite de 3 % du PIB inscrite dans le traité de Maastricht. Une limite qu’il juge inatteignable « dès lors qu’il faut procéder à des investissements importants ».

Lutter fortement contre les discriminations 

Aujourd’hui la PMA est ouverte aux femmes en couple avec un homme et en situation de stérilité. Benoît Hamon estime qu’elle devrait aussi être accessible aux femmes en couple avec une femme.

Mais ce n’est pas tout : « Je créerai un nouveau service public, la brigade de lutte contre les discriminations. Ce corps de contrôle vérifiera régulièrement les pratiques des structures publiques et privées en matière de discrimination (d’égalité femmes-hommes, accessibilité pour les personnes handicapées, discriminations à l’embauche et plafond de verre, traitement inéquitable des clients ou usagers…) », indique-t-il dans son programme.

Benoît Hamon souhaite aussi doubler « le budget du ministère dédié aux droits des femmes. Je le financerai notamment par des amendes infligées aux partis politiques ne respectant pas la parité », précise-t-il dans son programme. « Je renforcerai les sanctions inscrites dans la loi (un an d’emprisonnement et 3.750 euros d’amende) en cas de non-respect de l’égalité salariale », promet-il encore dans son programme.

Vers plus de justice fiscale

Le candidat défend la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, estimant que cela introduirait plus de justice fiscale. Il propose aussi de fusionner l’impôt de solidarité sur la fortune et la taxe foncière. Il veut enfin faire payer des cotisations sociales aux employeurs remplaçant des salariés par des robots.

Des ambitions fortes sur la santé

L’ancien ministre veut légaliser le cannabis et encadrer sa distribution. Il utiliserait « les 568 millions d’euros annuels utilisés pour la répression à des fins de prévention et d’information sur les risques associés à cette consommation ».
Il veut aussi retirer les autorisations de tous les pesticides dangereux et interdire l’importation des denrées alimentaires utilisant une substance interdite en France. Et souhaite créer un label européen sur les pesticides pour conditionner les subventions de la PAC au respect de hautes exigences en la matière.

Par ailleurs, il veut décourager les médecins à s’installer dans des zones surdotées. Pour lutter contre les déserts médicaux, il propose de retirer le conventionnement aux médecins qui s’installent en zone surdotée.

Des engagements sur l’écologie

Benoît Hamon insiste sur ses engagements écologistes​ : à l’horizon 2025, il prône une sortie du diesel grâce à la fin de l’avantage fiscal. Il souhaite aussi aller vers 50 % d’énergies renouvelables, et au fil du temps, vers la fermeture des centrales nucléaires en fin de vie.