Primaire à gauche: PMA, laïcité, fin de vie... Que proposent les candidats sur les sujets de société?

COMPARATIF « 20 Minutes » passe au crible les propositions des sept candidats...

Delphine Bancaud

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Présentation d'un bureau de vote,  lundi 9 janvier 2017.

Présentation d'un bureau de vote, lundi 9 janvier 2017. — Tristan Reynaud/SIPA

Les candidats à la primaire de gauche sont très attendus sur les questions de société. La plupart d’entre eux ont développé des propositions similaires, mais certains sont plus ambitieux et plus avant gardistes que d’autres. Ils confronteront leurs idées ce jeudi lors d’un dernier débat télévisé décisif avant le premier tour de la primaire qui aura lieu dimanche. 20 minutes a recensé leurs principales prises de position pour vous aider à vous repérer.

Un quasi-consensus sur l’extension de la PMA à toutes les femmes

Aujourd’hui la PMA est ouverte aux femmes en couple avec un homme et en situation de stérilité. Vincent Peillon, Benoît Hamon, Sylvia Pinel, Arnaud Montebourg et François de Rugy estiment qu’elle devrait aussi être accessible aux femmes en couple avec une femme.

Sur la GPA, les candidats sont plus divisés. Seul François de Rugy prône une légalisation de la GPA « dans des conditions d’encadrement strict garantissant un choix éclairé de la femme porteuse de l’enfant, et excluant toute transaction de nature commerciale », précise-t-il dans son programme.

Lutter contre les discriminations, un impératif pour tous

Manuel Valls souhaite généraliser les testings « pour que les entreprises s’engagent ; pour qu’elles définissent les outils qui leur permettront de faire primer la compétence ; pour sanctionner celles qui se dérobent », indique-il dans son Projet pour la France. Benoît Hamon souhaite aller plus loin dans ce domaine : « Je créerai un nouveau service public, la brigade de lutte contre les discriminations. Ce corps de contrôle vérifiera régulièrement les pratiques des structures publiques et privées en matière de discrimination (d’égalité femmes-hommes, accessibilité pour les personnes handicapées, discriminations à l’embauche et plafond de verre, traitement inéquitable des clients ou usagers, etc.) », indique-t-il dans son programme.

Arnaud Montebourg a une autre proposition : « Les marchés publics doivent constituer un levier de l’inclusion en incitant les entreprises à mettre en place de bonnes pratiques pour lutter contre les discriminations de tous ordres. L’accompagnement des entreprises dans les processus de recrutement doit permettre de dire concrètement à celles et ceux qui ont acquis des compétences "la France a besoin de vous" », a-t-il indiqué dans son Manifeste économique.

Booster le service civique, une idée très partagée

Manuel Valls veut carrément le rendre obligatoire. « Chacun doit donner quelque chose à la République, sous des formes variées, engagement associatif, lutte contre l’illettrisme, réserve citoyenne dans la police, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, l’armée… », a-t-il précisé dans une interview au Parisien en début d’année.  Jean-Luc Bennahmias plaide aussi pour un service civique « mixte et obligatoire », tout comme François de Rugy.

Une volonté commune d’avancer sur le dossier de la fin de vie

François de Rugy souhaite purement et simplement la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté pour les personnes en fin de vie « qui jugent leurs souffrances physiques et psychologiques insupportables et pour lesquelles aucune solution de soulagement réel n’existe », précise-t-il dans son programme.

Vincent Peillon est sur la même ligne et souhaite légaliser l’aide médicale à mourir. Idem pour Sylvia Pinel qui plaide pour la reconnaissance du droit de mourir dans la dignité. Ce dernier « doit pouvoir s’exercer à la demande du malade, placé sous la responsabilité d’un comité d’éthique médicale, lorsqu’il est médicalement prouvé que la maladie est irréversible et la mort proche », précise-t-elle dans son programme.

La lutte pour l’égalité hommes/femmes, une thématique très développée

François de Rugy tape fort et souhaite élaborer un plan pluriannuel « 100 % parité » qui garantisse « la juste représentation des femmes dans tous les lieux de décisions », indique-t-il dans son programme. Pour cela, il veut que les concours de la fonction publique comportent des clauses de parité. Sylvia Pinel estime que la parité ne doit pas être favorisée que dans les entreprises, mais aussi dans les « organismes tels que les fédérations professionnelles, les Chambres consulaires, les agences et opérateurs de l’Etat ».

Vincent Peillon compte, lui, rétablir « un ministère de plein exercice dédié aux droits des femmes et à l’égalité entre les sexes ». Ce dernier planchera notamment « sur un plan d’action ambitieux en faveur de l’égalité professionnelle ». Benoît Hamon souhaite quant à lui, doubler « le budget du ministère dédié aux droits des femmes. Je le financerai notamment par des amendes infligées aux partis politiques ne respectant pas la parité », précise-t-il dans son programme. Sylvia Pinel prône, elle « la création d’une médiation publique autonome en charge des inégalités femmes hommes, des atteintes aux droits des femmes et des discriminations », affirme-t-elle dans son programme.

Quant à Manuel Valls, il veut se focaliser sur les écarts de salaires hommes/femmes, qui sont encore de 19 % aujourd’hui. « Je me fixe pour objectif de le diviser par deux en cinq ans pour qu’il ait totalement disparu en dix ans », indique-t-il dans son Projet pour la France. Benoît Hamon compte taper encore plus fort : « Je renforcerai les sanctions inscrites dans la loi (1 an d’emprisonnement et 3750 € d’amende) en cas de non-respect de l’égalité salariale », promet-il dans son programme.

Pour favoriser le partage des tâches domestiques, l’ancien Premier ministre propose aussi qu’une part de 30 % de la durée du congé parental soit non transférable à l’autre parent. « Cela permettra notamment d’impliquer mieux les hommes dans l’éducation des enfants », commente-t-il dans son programme. benoît Hamon va dans le même sens : « J’alignerai le congé paternité sur le congé postnatal dont bénéficient les mères ».

Benoît Hamon veut également améliorer la parité en politique : « Je pénaliserai plus sévèrement les partis qui ne respectent pas l’obligation de parité dans les candidatures aux législatives par des amendes réellement dissuasives », précise-t-il dans son programme.

Sur l’adoption, Sylvia Pinel fait cavalier seul

Sylvia Pinel veut « alléger et faciliter les procédures d’adoption pour tous. Les couples, qu’ils soient homosexuels ou non, et les célibataires doivent pouvoir accéder à l’adoption de manière égale et juste, sans discrimination liée à leur orientation sexuelle ou leur condition maritale », explique-t-elle dans son programme. Les autres candidats ne se prononcent pas sur le sujet.

Des propositions tous azimuts sur l’immigration 

Pour améliorer la situation des demandeurs d’asile, François de Rugy veut mettre en place un parcours d’accueil pour eux. « Tout demandeur d’asile se verra reconnaître le droit de travailler dès le dépôt de sa demande », indique-t-il dans son programme. De son côté, Arnaud Montebourg compte accorder le droit de vote des étrangers aux élections locales : « Je propose le droit de vote pour les étrangers car il est nécessaire que ceux qui paient des impôts, parfois depuis trente ans, et qui n’arrivent pas à se faire entendre de certains élus puissent participer au bien commun », a-t-il précisé dans un Discours sur la libération des Français, en novembre dernier. Sylvia Pinel, Benoît Hamon et Vincent Peillon sont sur la même ligne mais la première va plus encore plus loin en désirant que le droit de vote aux étrangers soit accordé aussi pour les élections nationales.

Benoît Hamon a réaffirmé mardi soir à Bordeaux sa volonté d’instaurer des « visas humanitaires », organisant la venue de migrants sur le sol européen dans des conditions décentes, pour y étudier leur candidature. « Il faut aussi multiplier par deux le nombre de places en CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) », a-t-il encore plaidé. Il souhaite aussi instaurer « un droit au travail sous certaines conditions » en France pour ces populations.

La défense de la laïcité, une préoccupation pour beaucoup

C’est un thème fort du programme de Manuel Valls, qui « propose une charte de la laïcité, adossée à la Constitution, rappelant les grands principes », développait-il dans une interview au Parisien début janvier. « Il faut continuer à former les enseignants sur les questions de laïcité pour qu’elle s’apprenne à l’école », ajoutait-il.

Pour veiller au respect de la laïcité, Sylvia Pinel souhaite créer une mission interministérielle à la laïcité. Elle « veillera à la défense et à la promotion du principe de laïcité. Elle remplacera l’Observatoire de la Laïcité. La mission veillera à ce que la politique éducative, civique et culturelle du Gouvernement tienne compte de tous les aspects de la laïcité, de la liberté de conscience et de l’enseignement concret des principes républicains », précise-t-elle dans son programme.