Candidat déchu à la candidature. Le membre du Parti socialiste Gérard Filoche a été débouté par la justice de sa demande d’intégration à la Belle alliance populaire, la primaire organisée par son mouvement. Après avoir fait planer la menace d’un recours en appel, l’ancien inspecteur du Travail explique à 20 Minutes qu’il doit décider, avec ses soutiens, à qui il se ralliera le temps de la campagne.

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Vous avez affirmé qu’il existe encore une possibilité juridique que vous participiez à la primaire. Vous avez renoncé à l’exploiter ?

Le juge affirme que l’appel est recevable mais précise que je n’apporte pas la preuve que je peux participer à la Belle Alliance Populaire, tout en ajoutant que la BAP est une structure juridique qui n’existe pas… Il y a une brèche grande comme la mer Méditerranée. Maintenant, je ne suis pas d'un caractère chicanier, je veux simplement faire voir une légitimité. On peut avoir une audience le 31 décembre en appel, mais il faut 10.000 euros de plus. Je ne les ai pas, ce n’est pas raisonnable, je suis une petite souris à côté des éléphants. La procédure m’a déjà coûté à peu près 10.000 euros, en comptant les 3.000 euros de frais de justice du PS que je dois payer.

Quels sont les thèmes que vous comptiez porter, et quel candidat vous semble le plus proche de cette ligne ?

Les 32 heures, la hausse du smic à 1.800 euros, la retraite à 60 ans et le salaire maximal fixé à 20 fois le smic, le fait qu’il n’y ait pas plus de 5 % de précaires dans les entreprises, entre autres… Les deux plus proches de moi maintenant sont Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Je vais leur écrire à tous les deux, pour discuter. Ils ont deux éléments en commun très importants à mes yeux : ils sont pour abroger la loi El Khomri, ce qui est absolument central car il s’agit de la loi la plus scandaleuse du quinquennat Hollande, qui écrase cent ans de droit du travail ; et ils sont favorables, en cas de victoire, à un programme commun de gouvernement avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot pour faire gagner la gauche.

Comment expliquez-vous ne pas avoir recueilli suffisamment de parrainages ?

Sans doute que si j’avais pu parler, j’aurais fait un tabac, mais on ne veut pas que je parle. J’ai lu les réactions, j'ai pu rencontrer des gens, au fur et à mesure que je menais campagne, il y avait un engouement de plus en plus grand. Un sondage me donnait 7-8 % d’intentions de vote. Je progressais. On a quand même réuni des dizaines de milliers de personnes autour de nous. Maintenant, je n’en fais pas une affaire personnelle, mais d’idées. Donc je verrai qui de Montebourg ou de Hamon peut le mieux relayer celles dont on parle, le programme social que l’on défend et que des millions de gens attendent, car je crois que c’est sur le social que la différence se fera.

L’objectif pour vous maintenant est de faire battre Manuel Valls ?

Ça l’a toujours été ! Nous discutons avec mes amis de Démocratie & Socialisme, nous écrirons aux candidats Montebourg et Hamon et nous soutiendrons l’un des deux, car ils sont les mieux placés pour battre l’ex-Premier ministre, l’homme du 49-3 et de la loi El Khomri. La gauche peut encore gagner si elle évite Manuel Valls, parce qu’avec lui, c’est perdu d’avance. On ne peut pas contrer le programme de Fillon avec celui de Valls. La solution est Montebourg ou Hamon dans un accord de gouvernement avec Mélenchon et Jadot. C’est encore faisable s’il y a une mobilisation pour les primaires. Des gens me disent : « Je n’irai pas voter à la primaire car tu n’y es pas ». Je leur réponds : « Surtout pas ! » Si j’y allais, c’était pour gagner contre Valls. Donc ceux qui me soutenaient, je les invite à participer massivement à la primaire pour ne pas le laisser passer.