Carte d'électeur ou non, certains citoyens n'ont pas prévu de se déplacer aux urnes.
Carte d'électeur ou non, certains citoyens n'ont pas prévu de se déplacer aux urnes. - S. GOMIS/SIPA

A une semaine de la date limite pour s’inscrire sur les listes électorales, certains font la queue pour entamer les démarches in extremis. D’autres n’ont pas du tout prévu d’aller voter et ils l’assument. 20 Minutes est allé à la rencontre de trois abstentionnistes qui n’auront pas de carte électorale en 2017.

>> A lire aussi : Un jeune sur cinq ne sait pas qu’il doit s’inscrire avant le 31 décembre pour voter en 2017

S’engager autrement que par les urnes

A 20 ans, Antoine* n’a encore jamais voté. Il n’est pas inscrit sur les listes électorales, même s’il a tous les papiers nécessaires chez lui à la maison. Le jeune informaticien vivant à Grenoble aurait pu se prononcer pour les dernières municipales mais il s’est abstenu. « C’est plus par dépit qu’autre chose. Je ne vois pas l’intérêt de voter pour le moins pire des candidats. »

A ses yeux, Europe-Ecologie-les-Verts (EELV) a proposé « quelques trucs intéressants » mais rien qui ne lui donne l’envie de soutenir leur candidature. « Je sais bien que des gens se sont battus pour qu’on ait le droit de vote. Mais je préfère m’impliquer dans la société d’une autre manière. » Engagé dans la vie associative, Antoine fait notamment partie de la Croix-Rouge et est membre d’un collectif qui milite pour des libertés fondamentales dans le domaine du numérique.

Pour lui, la mesure politique la plus pressante serait de stopper l’état d’urgence. « Et aussi de répondre au terrorisme en réglant des problèmes de terrain. Pas avec des décisions militaires. »

Attirée par aucun des partis

« J’ai déjà été inscrite sur les listes mais je ne veux plus m’inscrire, ni voter. » Birouche*, 23 ans, est catégorique. « Ce serait légitimer le pouvoir en place. Et céder au vote utile ce serait un aveu d’échec. » En formation pour devenir travailleuse sociale, cette étudiante parisienne avait voté aux dernières élections par procuration. Mais elle dit avoir affiné ses idées depuis. « Je suis devenue anarcho-communiste. Aucun des partis ne m’attire. D’ailleurs pour moi, le système de vote actuel n’est pas pertinent pour prendre des décisions dans une communauté. »

Certains ne veulent pas s'inscrire sur les listes avant 2017.
Certains ne veulent pas s'inscrire sur les listes avant 2017. - C. LEMKE/20MINUTES

 

Pour Birouche, la politique devrait être dictée soit par le consensus, soit par des votes avec des majorités à 75 %. « Quand on élit quelqu’un avec 53 % des voix, ça ne correspond pas à l’opinion d’une communauté. » Mais elle ne se dit pas anti-électoraliste farouche pour autant. « Je ne fais pas de militantisme anti-vote. Aux élections locales par exemple, je peux comprendre que les gens veulent choisir un élu qui leur plaît. »

>> A lire aussi : Elections: «13 millions de personnes sont gênées en France dans leur droit de vote»

Comptabiliser le vote blanc

Fabrice, 28 ans, travaille pour une marque de décoration à La Rochelle. Il a voté une fois en 2007, au premier tour. « C’était la première et la dernière fois. » La raison : « le spectacle affligeant de la politique et les petites phrases qui ne servent qu’à créer le buzz. » Jean-Luc Mélenchon reste le candidat le plus séduisant à ses yeux, même s’il se refuse à voter pour lui en raison de ses positions sur la Syrie et la Russie. « Sinon, j’aime bien Dominique de Villepin pour ses positions sur la politique internationale. Comme quoi, je ne dis pas qu’il n’y a que du mauvais chez les élus. Je sais aussi leur reconnaître des qualités ».

Fabrice en est malgré tout venu à ouvrir un blog pour mener une campagne pro-abstention, même s’il ne pense pas convaincre grand monde. « Il s’adresse plutôt à des gens qui ont déjà choisi de ne pas aller aux urnes en 2017. Mais bon, ce serait génial qu’il y ait un taux d’abstention record à la présidentielle. Peut-être que les politiques et le système médiatique se remettraient en question. »

Conscient que cette issue est peu probable, il propose aussi de « pousser la démocratie jusqu’au bout », en comptabilisant le vote blanc. « Si c’était un vote comme les autres, je suis sûr que beaucoup plus de mon irait voter. »

 

* Le prénom a été modifié.

Mots-clés :