Jean-Pierre Elkabbach
Jean-Pierre Elkabbach - NIVIERE/SIPA

Jean-Pierre Elkabbach passe son tour. « Ce n’est pas trop tôt », siffleront ses détracteurs. Le vétéran du journalisme politique (79 ans !) a été écarté de la matinale d’Europe 1 pour contrecarrer les mauvaises audiences de la chaîne. Une page se tourne, et avec elle des questions totalement wtf et des moments de malaise inoubliables face aux politiques. 20 Minutes vous en a sélectionné cinq.

Prise de becs avec Bruno Le Maire

C’était peut-être son dernier coup d’éclat. Lors du troisième débat de la primaire à droite, Bruno Le Maire a goûté aux remarques peu amènes de l’intervieweur. « Pourquoi ça ne fonctionne pas alors avec vous ? », lance Jean-Pierre Elkabbach, sous le rire des autres candidats. « Qu’est-ce qui vous dit que ça ne va pas fonctionner ? Vous connaissez déjà le résultat de dimanche ? », répond l’intéressé. « On en reparlera lundi matin », l’interrompt Jean-Pierre Elkabbach, méprisant. « Monsieur Elkabbach. Je suis candidat à la primaire, ça mérite tout simplement le respect de votre part », s’emporte Bruno Le Maire. « Je n’ai pas à recevoir de leçons de votre part sur ma candidature ».

« Quelle couleur vous préférez pour le mur ? »

D’emblée, une énigmatique question pour déstabiliser son interlocuteur. « Quelle couleur vous préférez pour le mur ? ». Ce matin de mai 2014, André Vallini, est interloqué. « Pour le mur, quel mur ? », lui répond l’ex-secrétaire d’État à la réforme territoriale. Le journaliste reste impassible. « Comment quel mur ? Le mur contre lequel votre réforme territoriale va se fracasser ». BIM.

« Marine Le Pen, vous n’avez pas honte ? »

En janvier 2015 (le lendemain de la marche républicaine), il use de cette même technique : dès la prise d’antenne, la question fuse. « Bonjour Marine Le Pen, vous n’avez pas honte ? ». La présidente du FN s’étrangle. « Pardon ? ! ? ». Jean-Pierre Elkabbach, reprend, l’air accablé :

- « Vous n’avez pas honte ? »

- « Honte de quoi ? »

- « Vous n’avez pas de regrets ? »

- « Non mais vous… De… de quoi me parlez-vous ? Je vous reconnais bien là dans la provocation »

- « Le monde entier était à Paris hier, c’était au-delà de l’union nationale, l’union européenne, l’union planétaire pour lutter contre le terrorisme… et les démocrates se sont passés de vous car vous n’y étiez pas. Vous pensez aller devant 1.000 personnes à Beaucaire c’est-à-dire chez les vôtres ».

« Vous laissez votre mère être femme de ménage ? »

Jean-Pierre Elkabbach ne doute de rien. Le 8 septembre 2014, Gérald Darmanin est dans le studio. Après des questions sur l’islam, le journaliste part en yolo (à partir de 4’20 dans la vidéo). « Que font vos parents ? ». « Ma mère est femme de ménage et mon père, désormais retraité, était commerçant », répond Gérald Darmanin. Le septuagénaire fronce les sourcils : « Maaiiis… Elle l’est encore… femme de ménage… ? »

- « Oui, elle est encore femme de ménage »

- «…Vous la laissez être femme de ménage ? »

- « Heu… je trouve que cette question est un peu indécente… Par ailleurs, je crois qu’elle a dû s’arrêter quelques minutes pour m’écouter ce matin. »

- « Et bin elle a bien fait ! »


« Est-ce que vous croyez qu’avec toutes ces manifestations spectacles, vous pouvez sauver la planète ? »

En pleine campagne présidentielle 2012, Jean-Pierre Elkabbach reçoit la candidate écologiste Eva Joly. Avec visiblement, l’intention de lui faire passer un sale quart d’heure. « Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un parti écologiste qui ne se soucie pas trop de la planète ? ». « Je ne comprends pas votre question monsieur Elkabbach ». Plus tard : « Est-ce que vous croyez que c’est avec toutes ces manifestations spectacles que vous pouvez sauver la planète ? ». Eva Joly dénoncera par la suite le mépris du journaliste lors de cette interview.

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