Présidentielle: «On est vraiment entré dans la campagne», Macron montre les biceps à Paris

REPORTAGE Le candidat à la présidentielle tenait son premier grand meeting à Paris...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron a effectué samedi 10 décembre à Paris une première démonstration de force devant au moins 10.000 personnes.

Emmanuel Macron a effectué samedi 10 décembre à Paris une première démonstration de force devant au moins 10.000 personnes. — Eric FEFERBERG / AFP

C’est LE premier grand moment de sa campagne. Emmanuel Macron a tenu ce samedi un grand meeting porte de Versailles à Paris. Pour le candidat à la présidentielle, l’objectif était clair : gonfler les biceps quelques jours après l’annonce de candidature de Manuel Valls à la primaire. Ça tombe bien, 20 Minutes y était et vous fait un petit topo.

Macron show patate

Vers 17 heures, une immense foule est debout et attend au fond de la salle, scrutant des yeux la porte par laquelle l’homme du jour doit arriver. Quand Emmanuel Macron jaillit, c’est l’euphorie. L’ancien ministre de l’Economie s’offre une entrée à la Johnny. Musique assourdissante, haie d’honneur et bras levés. Avec l’aide de ses gardes du corps, le candidat parvient difficilement à se frayer un chemin jusqu’à la scène, sous les « Macron président ! » de ses fans.

Derrière son pupitre, le candidat fait le show, harangue la foule pendant une heure quarante !…. Parfois, cela paraît un peu forcé, comme lors de sa conclusion, très habitée.

Opération biceps réussie

Les partisans d’« En Marche » voulait réussir un « coup de force ». Le pari est plutôt réussi. « Est-ce que nous sommes seuls ? Vous êtes venus des quatre coins de la France ! Nous sommes 15.000 ce soir », a lancé Emmanuel Macron. Difficile de vérifier les chiffres, mais l’immense hall paraissait bien contenir au moins 10.000 personnes. Soit bien plus que les 3.000 personnes du meeting du PS samedi dernier. En fin de meeting, toutefois, quelques personnes quittent la salle, sans attendre la fin du (long) discours du candidat.

Les « marcheurs » ont la pêche 

Cris de soutien, drapeaux européens et français dans les mains, les marcheurs sont galvanisés. Marie-Noelle, graphiste de 54 ans et ancienne socialiste était présente au meeting de Bourget de Hollande en 2012. « Ici ça n’a rien à voir… Macron n’a pas le traditionnel discours sur les codes droite/gauche. Je rencontre plein de gens qui n’ont jamais fait de politique, d’où cet enthousiasme ».

Nestor, 52 ans, ne dit pas mieux. « C’était un test. Pouvoir remplir une salle de 10.000 personnes et envoyer un message aux autres candidats… Quand je pense que nous étions que quelques-uns à faire du porte à porte il y a quelques mois. La dynamique est forte. On est vraiment entré dans la campagne ».

Macron se pose en « candidat du travail »

« Notre projet, c’est de faire entrer la France dans le XXIe siècle, de faire gagner notre pays, de le faire réussir dans un monde qui se transforme », a avancé l’ancien ministre. « La première des batailles est la bataille économique et sociale… Je suis le candidat du travail », a-t-il plaidé, avant d’égrener ses propositions pour « libérer le travail » et réduire les coûts.

Course aux parrainages et suite de la campagne

Dans un coin de la salle, Sylvain Fort, responsable communication du candidat, fait le point sur les prochaines étapes. « On va continuer à faire 2-3 déplacements par semaine avec des meetings ponctuels. Fin janvier, on aura présenté l’ensemble du programme ». Les 500 parrainages ? « On a bien avancé. Nous ne sommes pas inquiets. On doit être aujourd’hui autour de 200 promesses ». Pour le reste, 3.7 millions d’euros de dons ont étés récoltés. « On vise 9 millions de dons et 9 millions de prêts pour financer la campagne ». Le prochain grand meeting est prévu pour la mi-janvier.