VIDEO. Primaire à gauche: Depuis son fief d'Evry, Valls veut, lui aussi, «rassembler la gauche»

REPORTAGE Après plusieurs jours de rumeurs, le Premier ministre a annoncé qu’il était candidat à la présidentielle dans son fief d’Evry ce lundi soir…

Laure Cometti

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Manuel Valls, le 5 décembre 2016 à Evry.

Manuel Valls, le 5 décembre 2016 à Evry. — J.WITT/Sipa/Rtl/SIPA

« C’est lui qui a signé les papiers de mon mariage ! » Lui, c’est Manuel Valls, l’ancien maire d’Evry qui a marié cette mère de famille ravie d’être ici. Il fait très chaud dans la salle des mariages, bondée de journalistes et de caméras. C’est dans cette ville de la banlieue parisienne qu’il a dirigée pendant onze ans (de 2001 à 2012) que Manuel Valls a choisi de troquer ce lundi soir son costume de Premier ministre pour celui de candidat à la présidentielle, quatre petits jours après la renonciation de François Hollande à briguer un second mandat.

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Un slogan trouvé la veille

Un délai nécessaire pour ne pas passer pour le Brutus du président de la République - à qui Manuel Valls a fait part de « la chaleur » de ses sentiments - mais peut-être un peu court ? Le slogan, « faire gagner ce qui nous rassemble », a été trouvé la veille et l’équipe de campagne est loin d’être totalement constituée. Cela n’a pas empêché Manuel Valls d’annoncer qu’il est « candidat à la présidence de la République » et qu’il démissionnera du gouvernement mardi.

Son discours, ancré à gauche et parfois teinté de lyrisme, a été applaudi par un public métissé qui suivait l’allocution retransmise sur deux écrans dans l’hôtel de ville. Un cadre probablement plus accueillant pour le Premier ministre que celui de la convention nationale de la Belle alliance populaire, qu’il a boudée samedi.

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Parfois jugé clivant au sein même de son camp, Manuel Valls a insisté ce lundi soir sur le « rassemblement » et l’« unité » de la gauche. Désormais candidat à la primaire socialiste, pourra-t-il faire oublier qu’il a souvent distingué « deux gauches irréconciliables » ? Le sénateur-maire d’Alfortville Luc Carvounas rappelle qu’« il a dirigé Evry avec les communistes et les écologistes ». « Il va rassembler sa famille, il va rassembler le PS, largement », affirme, confiant, son soutien, qui a fait le déplacement, comme Philippe Doucet, député socialiste d’Argenteuil-Bezons. L’épouse et la mère de Manuel Valls étaient également dans la salle.

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Une candidature de « rassemblement »

Pour réunir sa famille politique, l’homme de 54 ans s’est posé comme le défenseur du « modèle social français ». Il a usé de l’anaphore « je ne veux pas » pour rejeter le programme de François Fillon. « Rien n’est écrit », a-t-il martelé à plusieurs reprises, ajoutant que « nos vies valent mieux que les pronostics » et troquant ce faisant son ton jugé martial pour un style plus exalté et littéraire.

Après cette annonce attendue, Manuel Valls a rapidement quitté les lieux pour regagner son domicile parisien. Il n’y a pas de temps à perdre à moins de deux mois du premier tour de la primaire socialiste. Son premier meeting est prévu dans moins de 48 heures, dans le Doubs. De quoi donner le tempo de sa campagne.