Hollande renonce: Mariage pour tous, chômage, sécurité… Que restera-t-il du hollandisme?

PRESIDENT Petit tour d’horizon des mesures adoptées par le président de la République au cours du quinquennat…

H. B. avec AFP

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François Hollande à l'Elysée, jeudi 1er décembre.

François Hollande à l'Elysée, jeudi 1er décembre. — SIPA

François Hollande ne quittera ses fonctions qu’en mai 2017, mais c’est pourtant déjà l’heure du bilan. A l’image de l’inversion timide en 2016 de la courbe du chômage qui avait été érigée comme « enjeu majeur », le bilan du chef de l’Etat reste très contrasté. Son quinquennat reste marqué par le Mariage pour tous, la réussite de la COP21… et assombri par les attentats djihadistes.

  • Dans le domaine de l’économie

Le chômage. François Hollande l’avait promise pour 2013, l’inversion de la courbe du chômage s’est finalement concrétisée, timidement, trois ans plus tard. Sur l’année écoulée, 100.000 chômeurs ont quitté les listes de Pôle emploi et l’Insee a vu le taux de chômage baisser de 0,4 point. Mais malgré cette baisse récente, le chômage reste massif, avec 3,48 millions de chômeurs inscrits sur les listes de Pôle emploi en métropole, soit 556.000 de plus qu’au début de son quinquennat. Le fléau touche 9,7 % de la population active.

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Evolution mensuelle du nombre de chômeurs de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 2008.
Evolution mensuelle du nombre de chômeurs de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 2008. - SOPHIE RAMIS PAZ PIZARRO

L’emploi. Le président, qui vantait en 2013 sa « boîte à outils » anti-chômage, a pourtant fait feu de tout bois :  baisse du coût du travail grâce au Pacte de responsabilité, contrats aidés, primes aux très petites entreprises (TPE), réforme du code du travail avec la très contestée loi El Khomri.

La croissance. Bien loin des prévisions de départ, la croissance est restée terne : 0,4 % en 2013, 0,6 % en 2014, 1,2 % en 2015 et sans doute 1,3 % en 2016. A son arrivée au pouvoir, François Hollande s’est en effet attaché à assainir les finances publiques, en augmentant massivement les impôts payés par les entreprises et les ménages aisés, pour ramener dès 2013 le déficit sous la barre des 3 % exigés par Bruxelles.

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Les baisses d’impôts. Conscient de la nécessité de relancer l’activité, le gouvernement a décidé fin 2013 de modifier sa stratégie, avec des baisses d’impôt pour les ménages modestes mais aussi 41 milliards d’euros d’allégements de charges pour les entreprises. Cette « politique de l’offre », incarnée par le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité, a permis un redressement progressif de l’économie, en rétablissant les marges des entreprises. Mais cela reste fragile.

  • Dans le domaine de la santé

La réduction du déficit de la Sécurité sociale. Le chef de l’Etat peut se targuer d’avoir réduit le déficit du régime général de la Sécurité sociale de plus de moitié par rapport à 2012. Pour la première fois depuis 12 ans, la branche retraite affiche un léger excédent, essentiellement dû à la réforme de 2010.

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La généralisation du tiers payant. Mesure phare de la loi santé, la généralisation du tiers payant (dispense d’avance de frais) vise à enrayer le renoncement aux soins pour raisons financières. En vertu d’une décision du Conseil constitutionnel, il reviendra au médecin d’appliquer ou non le tiers payant pour la partie mutuelle.

Dates clés de la carrière politique de François Hollande, qui a renoncé à briguer un second mandat présidentiel.
Dates clés de la carrière politique de François Hollande, qui a renoncé à briguer un second mandat présidentiel. - KUN TIAN THOMAS SAINT-CRICQ PAZ PIZARRO
  • Dans le domaine de l’éducation

Créations de postes. La promesse de créer 60.000 postes dans l’Education après 80.000 suppressions sous Nicolas Sarkozy est tenue sur le papier avec leur inscription aux budgets successifs. Sur le terrain, certains postes ne sont pas systématiquement pourvus par des titulaires, faute de lauréats suffisants aux concours.

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Réforme des rythmes scolaires. La réforme en primaire (rentrées 2013 et 2014) et la réforme du collège (rentrée 2016), sont entrées en vigueur malgré de fortes oppositions. La formation initiale des enseignants, supprimée sous la droite, a également été rétablie. Les nouveaux programmes scolaires du CP à la 3e sont entrés en vigueur à la rentrée 2016, avec un an de retard, remplaçant ceux de 2008, très critiqués.

  • Dans le domaine sociétal

Le Mariage pour tous. Pourfendue par la droite au Parlement et par la Manif pour tous dans la rue, la loi Taubira du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe » restera comme la grande réforme sociétale de François Hollande. Adoptée à l’issue de 136 heures de bataille parlementaire, la loi portée par la garde des Sceaux Christiane Taubira a ouvert de nouveaux droits pour le mariage, l’adoption et la succession aux couples de gays ou de lesbiennes.

La COP21. Seule candidate pour accueillir la COP21, la France a réussi son pari diplomatique de mettre d’accord 195 pays sur un texte négocié depuis des années pour juguler le dérèglement du climat.

Loi sur la transition énergétique. Au plan national, elle a défini des objectifs ambitieux pour les énergies renouvelables, les économies d’énergie, une dépendance réduite au nucléaire et aux fossiles (charbon, gaz, pétrole), le traitement des déchets. Mais le chemin pour atteindre ces objectifs est parfois flou. La promesse de fermer Fessenheim n’aura pas été tenue et le fossé entre pro et anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’est encore creusé.

  • Dans le domaine de la sécurité

L’Etat d’urgence. Face à une vague d’attentats djihadistes sans précédent, le gouvernement a décidé un renforcement inédit de l’arsenal législatif et des moyens de lutte, illustré par l’état d’urgence décrété au soir des attentats parisiens du 13 novembre et renouvelé après l’attaque du 14 juillet à Nice.

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Plusieurs lois antiterroristes. Quatre lois ont été adoptées, dont une consacrée au renseignement et une autre à la surveillance des communications internationales permettent de poursuivre quelqu’un parti en Syrie, même s’il n’a commis aucun acte répréhensible en France, d’interdire de sortie du territoire, de perquisitionner de nuit, d’assigner à résidence ou encore de réprimer la consultation de sites internet djihadistes. Les moyens ont également été musclés avec 15.300 postes créés en cinq ans.