Fillon veut « reprendre les privatisations » dans les entreprises où la participation de l’Etat ne sert « à rien »

ENTREPRISES Le candidat de la droite a évoqué, lors d’un déplacement, où l’Etat doit investir et quelles entreprises pourraient être laissées au privé…

20 Minutes avec AFP

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Francois Fillon a remporté dimanche dernier la primaire de la droit et du centre et il décline ses propositions pour gagner l'élection présidentielle.

Francois Fillon a remporté dimanche dernier la primaire de la droit et du centre et il décline ses propositions pour gagner l'élection présidentielle. — SIPA

Demandez le programme. Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre continue de dévoiler ses pistes pour redresser la France. Objectif privatisations. François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, a plaidé jeudi pour « reprendre les privatisations » et pour que « l’Etat reprenne des capitaux immobilisés dans des entreprises commerciales où il a gardé des participations », comme chez Renault.

Privatiser pour investir dans les infrastructures

Il a estimé que ces mesures concernaient les entreprises où, pour l’Etat, « cela ne sert strictement à rien » de détenir des participations en matière d’influence sur la stratégie de l’entreprise, lors d’une rencontre avec des élus à la mairie de Chantenay-Villedieu (Sarthe), à l’occasion de son premier déplacement après sa victoire à la primaire de la droite dimanche.

Il faut « qu’on reprenne ce processus, qu’on récupère cet argent et qu’on investisse dans les infrastructures », a-t-il encore dit, dans la mairie de cette commune de 874 habitants. La Sarthe, longtemps terre d’élection de François Fillon, a voté à plus de 87 % pour lui au second tour de la primaire.

Alors que plusieurs élus locaux lui exprimaient le besoin de raccorder les communes rurales au très haut débit, François Fillon a répondu : « On peut faire beaucoup d’économies, y compris sur l’emploi public, en investissant massivement dans les technologies, les procédures numériques, dans de nouvelles façons de concevoir le travail. C’est ce qu’ont fait des entreprises, c’est ce qu’ont plus de mal à faire les organisations publiques », a souligné l’ancien ministre des Télécommunications.

« Je veux passer avec les collectivités locales des contrats de cinq ans, dès le début du quinquennat. On met tout : les économies qu’on va continuer à vous demander, la baisse des normes et des contraintes administratives qui pèsent, les charges insupportables. »

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Un système trop normé et imposé d’en haut

« Ce qui pèche dans notre pays, c’est que le système est toujours normé et imposé d’en haut. C’est un ministre de l’Intérieur ou des collectivités qui décide que les collectivités doivent toutes être pareilles. Les territoires ruraux et urbains n’ont pas besoin des mêmes structures », a plaidé François Fillon. « Je ne veux plus que l’Etat et les préfets aient leur mot à dire sur l’organisation du territoire, fassent des cartes de communautés de communes absurdes », a-t-il demandé.

« Je voudrais que l’Etat recommence à investir », a ensuite déclaré devant la presse François Fillon, en visitant une exploitation porcine et avicole. « Je veux que l’Etat sorte des entreprises du secteur commercial où il n’est pas absolument nécessaire qu’on réinvestisse le fruit de ces privatisations dans des grandes infrastructures », a-t-il développé. « Des infrastructures de transports, je pense aux canaux, aux lignes de chemins de fer (…), mais aussi au très haut débit. Il faut qu’on vienne en soutien aux collectivités locales, aux opérateurs, pour faire en sorte que le très haut débit vienne sur la moindre parcelle du territoire. Le très haut débit, ce n’est pas uniquement pour que tout le monde puisse jouer à Warcraft », a-t-il ironisé.

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Quelles entreprises privatiser ?

Interrogé sur les entreprises qui pourraient être privatisées, François Fillon a indiqué qu'« on verra ça tranquillement », soulignant que « l’Etat n’a pas vocation à rester durablement au capital d’entreprises qui sont dans le secteur commercial, dans le secteur concurrentiel ». L’ancien Premier ministre a aussi jugé que la crainte d’éventuelles délocalisations était « une mauvaise raison de rester », citant Renault. « Je n’ai pas le sentiment que la présence de l’Etat au capital de Renault ait empêché d’investir massivement (…) en dehors du territoire national. »

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