«Tu ne seras pas ministre car tu es enceinte», NKM confirme les dires de Fillon en 2009

GOUVERNEMENT « Oui, cet épisode est vrai »…

C. Ape.

— 

François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet en 2011

François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet en 2011 — PATRICK KOVARIK / AFP

Ne peut-on pas être ministre et future maman ? Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, membre du gouvernement entre 2007 et 2012, « à chaque grossesse, [elle a] perdu l’opportunité d’être ministre ».

Celle qui est arrivée quatrième à la primaire de la droite avec 2,6 % rapportait en 2013 à NBC News que François Fillon, unique Premier ministre sous l’ère Sarkozy, lui avait lancé début 2009 : « Tu ne seras pas ministre car tu es enceinte. »

Ce mardi, la députée de l’Essonne a réaffirmé ses propos au micro de FranceInfo, alors que « l’anecdote » revient dans le débat à cinq jours du deuxième tour de la primaire, tandis qu’Alain Juppé dénonce la vision « extrêmement traditionaliste » de son rival sur la société.

>> A lire aussi : Famille, immigration, laïcité... Les idées de Juppé et Fillon sur les sujets de société

« Cet épisode est vrai »

NKM, qui a apporté son soutien au maire de Bordeaux, n’a toutefois pas voulu que la polémique enfle de nouveau. « C’est un sujet ancien, je n’ai pas du tout envie de ramener ça dans le débat aujourd’hui, a-t-elle dit, gênée. C’est un problème de la société française qu’on n’aime pas retrouver dans le monde politique » et « qui m’est arrivé à chacune de mes grossesses », a-t-elle toutefois souligné.


Quand Fillon refusait un poste à NKM à cause de sa grossesse

Elle a estimé que le gagnant du premier tour de la primaire avait fini par « regretter » ses propos. « Il me l’avait dit et j’avais trouvé ça élégant, car les hommes, comme vous savez, n’aiment pas dire qu’ils ont eu tort. Mais, oui, cet épisode est vrai », a dit celle qui est devenue ministre de l’Ecologie et du Développement durable en novembre 2010, un peu plus d’un an après la naissance de son deuxième fils en septembre 2009.

>> A lire aussi : Invité à «clarifier sa position» sur l’avortement, Fillon déplore que Juppé «tombe aussi bas»