Emmanuel Macron en meeting au Mans, le 11 octobre 2016.
Emmanuel Macron en meeting au Mans, le 11 octobre 2016. - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Les réactions ont commencé à pleuvoir depuis mardi soir et elles se poursuivent ce mercredi après l’annonce (enfin) officielle de la candidature d' Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Et comme on pouvait l’imaginer, elles ne sont pas tendres. Du tout. A commencer par la gauche.

« Candidat des médias »

Sur France 2, Arnaud Montebourg a dézingué l’ancien ministre de l’Economie, le « candidat des médias qui en est à sa 75e une de magazine sans avoir fait une seule proposition ».

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« J’ignore qui est Emmanuel Macron, quelles sont ses orientations (…), pour moi il est un peu comme Monsieur X », a balancé le candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste.

Mardi soir, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, estimait que la probable candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle, « c’est très embêtant », car la division promet à la gauche l’élimination au premier tour de la présidentielle. Il rappelait que les socialistes qui soutiendront Emmanuel Macron seront exclus.

De son côté Manuel Valls, qui se tient prêt pour la présidentielle au cas où François Hollande renoncerait à briguer un nouveau mandat, a déclaré en fin de matinée, sans citer Emmanuel Macron, qu’il faut « une expérience qui a été éprouvée par le temps » pour gouverner et « refuser les aventures individuelles ».

« Un problème pour la gauche »

A droite, Alain Juppé, a estimé que la candidature Macron est d’abord « un problème pour la gauche »… «Pour moi, Emmanuel Macron est le coauteur de la désastreuse politique économique conduite depuis 2012. Il essaie aujourd’hui sans doute de se refaire une virginité », a développé le favori de la primaire de la droite en perte de vitesse dans les sondages. « Il a vite appris la politique politicienne : d’abord la trahison vis-à-vis de François Hollande qu’il a poignardé dans le dos, maintenant ce jeu qui ne m’intéresse pas », conclut Alain Juppé.

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, certains élus ne cachaient pas leur souhait de voir la candidature de l’ex-ministre interférer avec la primaire de la droite, dont le premier tour aura lieu dimanche. Luc Carvounas, sénateur socialiste du Val-de-Marne et proche du Premier ministre Manuel Valls a d’ailleurs indiqué, sur Public Sénat, que « le mauvais coup il est plus pour Alain Juppé pour dimanche prochain que pour la gauche ».

« Aucune expérience »

François Fillon, pour sa part a estimé sur RTL ce matin que « les Français ne confieront pas leur destin à quelqu’un qui n’a aucune expérience, et surtout qui n’a rien démontré pour le moment ».

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a fait savoir qu'« Emmanuel Macron incarne à merveille tout ce que le peuple américain vient de rejeter à travers les urnes : (…) l’élite déconnectée du peuple qui voit en les ouvriers des analphabètes et comme seule condition de réussite le fait de porter un costume-cravate. »

Pour Marine Le Pen, le candidat Macron « est le candidat des banques il y en a toujours un. Ils sont un certain nombre sur cette niche ultralibérale qu’occupe Macron mais qu’occupent aussi un très grand nombre de candidats à la primaire de la droite. » Ce matin, sur Radio classique, Florian Philippot, vice-président du Front national disait : « Ça n’était pas une surprise, on attendait simplement la date. On espère maintenant qu’Emmanuel Macron va enfin sortir une idée, parce que ça fait six mois qu’il est dans l’incantation, dans les mots creux, les formules, et pas une seule idée n’a émergé de ce qu’il a dit. Par contre il a déjà un bilan ».

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