Le président français François Hollande et la ministre française de l'Environnement, Ségolène Royal, le 22 avril 2016 à New York
Le président français François Hollande et la ministre française de l'Environnement, Ségolène Royal, le 22 avril 2016 à New York - KENA BETANCUR AFP

« Pour l’instant, c’est François Hollande qui est candidat », a-t-elle coupé sur le plateau de France 3 dimanche. Ségolène Royal, interrogée sur une possible candidature en 2017 à la place du président sortant, a rappelé l’échéance : décembre, quand l’actuel chef de l’Etat annoncera s’il tente de briguer un second mandat. Le jour-même, le Journal du Dimanche a barré sa Une d’un « L’hypothèse Royal » surplombant une photo de la ministre de l’Ecologie et de François Hollande.

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La possibilité d’une candidature de Royal dix ans après son échec au second tour face à Nicolas Sarkozy serait discutée au sein du Parti socialiste, de moins en moins convaincu que la victoire est possible en mai 2017. « On cherche quelqu’un pour se sacrifier, il faut que la situation soit vraiment désespérée pour que ceux qui m’ont combattue me redécouvrent », plaisante-t-elle à moitié dans le JDD.

« Une candidature centrale »

L’hypothèse Royal est envisagée pour tenter de limiter au maximum la casse lors de la prochaine présidentielle, rapporte l’hebdomadaire qui cite une conversation téléphonique entre Jean-Christophe Cambadélis et le député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci : « Ce que nous devons faire pour que la social-démocratie survive aux législatives, c’est 18 % à la présidentielle. Pour cela, il faut une candidature centrale », juge le premier secrétaire du Parti socialiste. Pour les deux hommes, « Ségolène coche toutes les cases ».

Au PS, l’idée derrière la candidature de Ségolène Royal serait d’offrir un positionnement qui contente le plus de monde : « Elle est surtout sollicitée par des responsables au centre du parti. Son parcours politique la rend capable d’avoir un dialogue constructif autant avec Mélenchon qu’avec Macron », estime le député de la Mayenne Guillaume Garot, l’un de ses proches au sein du PS, rebondissant sur l’affirmation de Mennucci selon laquelle « nombreux sont ceux qui estiment qu’il faut une candidature centrale ».

« Si Hollande n’y va pas, sa candidature s’impose »

« Jean-Christophe Cambadélis considère que c’est une possibilité. Si François Hollande n’y va pas, sa candidature s’impose. Elle connaît ses capacités, elle sait qu’elle peut être une solution, ou en tout cas, une partie de la solution », avance Patrick Mennucci, directeur adjoint de la campagne 2007 de Ségolène Royal, qui assure que la ministre de l’Environnement ne s’est pas positionnée d’elle-même. Royal a d’ailleurs demandé à ses soutiens de ne pas faire trop de prosélytisme sur France 3 : « Je l’ai dit aux entourages qui poussaient : il faut arrêter de lancer une campagne avant l’heure. C’est absurde d’anticiper la primaire. Le moment n’est pas venu, il ne faut pas accélérer. »

Ségolène Royal ne serait pas convaincue par l’idée, mais les appels du pied se multiplient : « Sur le plan national, beaucoup se tournent vers elle pour son expérience politique. Et puis elle a un crédit très fort grâce à la COP 21, ça lui a donné un poids nouveau sur la scène internationale. Mais pour l’instant, elle dit surtout "j’ai du travail", et c’est vrai, avec la COP 22 à venir à Marrakech par exemple », décrit Guillaume Garot. La dimension qu’elle a prise au-delà des frontières françaises lui aurait fait songer, à moyen terme, à un poste de secrétaire générale adjointe à l’ONU, rapporte le JDD.

« Ça vient de François Hollande »

Les socialistes peuvent-ils vraiment désigner comme candidate une personnalité politique qui ne semble pas vraiment motivée par la proposition ? « Si c’était gagnable, on ne viendrait pas me chercher », a-t-elle lancé. « Pour la première fois de puis 1969 et la candidature de Gaston Defferre, la gauche de gouvernement est dans une situation pire que toutes les autres composantes politiques. La perspective n’est pas réjouissante du tout pour celui ou celle qui sera candidat. Cela dit, pour Valls ou Montebourg, pourquoi pas, car l’idée est de savoir qui sera en position pour reconstruire la gauche de gouvernement après la présidentielle. Mais Royal… disons que l’essentiel de sa carrière politique est derrière elle », estime le politologue Laurent Bouvet, un temps proche du PS et qui ne voit dans cette rumeur Ségolène Royal qu’un buzz éphémère.

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Mais à qui profite ce buzz, alors que le dossier du JDD était publié au lendemain de l’intervention de Manuel Valls à l’Université de l’engagement du PS à Tours, où il se posait en recours en cas de défection du candidat naturel, le président sortant ? « Ça vient de François Hollande », lâche le député du Val-d’Oise Philippe Doucet, proche du chef du gouvernement. Face aux répercussions du livre Un président ne devrait pas dire ça, les derniers soutiens du président, comme Julien Dray et Patrick Mennucci, ancien royaliste devenu hollandais, tenteraient de « dresser des rideaux de fumée », indique-t-il, sur le chemin d’un Manuel Valls qui aurait « un devoir de candidature ». Selon Le Point, le Premier ministre aurait pourtant déjà abandonné pour 2017. L’hebdomadaire le cite en des termes qui pourraient résumer la rumeur « Royal 2017 » : « Cette primaire, je ne suis pas certain de la gagner. Et de toute façon, Hollande me collerait Ségolène Royal dans les pattes ».

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