Meeting d'Emmanuel Macron: Nicolas Sarkozy répond au «donneur de leçons»

REACTIONS D'autres membres de la classe politique, issus de la majorité, ont répliqué après le discours de Macron...

20 Minutes avec AFP

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Le discours d'Emmanuel Macron à Strasbourg a fait réagir à droite comme à gauche

Le discours d'Emmanuel Macron à Strasbourg a fait réagir à droite comme à gauche — PATRICK HERTZOG / AFP

Emmanuel Macron, qui n’est pour l’heure toujours pas candidat à la présidentielle, a livré ce mardi à Strasbourg lors d’un meeting son « diagnostic » de la situation du pays.

Le discours de l’ancien ministre prononcé lors de cette première réunion (il y en aura deux autres au Mans et à Montpellier) a inquiété, agacé et fait réagir la classe politique, à droite comme à gauche.

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Macron, un « donneur de leçons » pour Nicolas Sarkozy. « Peut-on imaginer sérieusement commander aux destinées du pays, se présenter au suffrage du pays, alors qu’on a délibérément dépassé le plafond des dépenses autorisées pour sa campagne », a lancé Emmanuel Macron mardi soir à Strasbourg, visant l’ancien président et l’affaire Bygmalion.

« Je fais de la politique depuis 35 ans, je n’ai jamais été une seule fois condamné. M. Macron fait la leçon, très bien c’est son droit (…) Les donneurs de leçons, en général ça leur revient dans la figure », a répliqué Sarkozy sur Radio Classique et Paris Première.

« Qu’a fait M. Macron ? Quelle est la décision qu’il a prise [en deux ans au ministère des Finances] ? Aucune. Qu’a-t-il fait lorsqu’il était le collaborateur de François Hollande ? Préparer la pire politique économique qu’on a jamais connue », a asséné le candidat à la primaire des Républicains, avant de conclure : « Ça ne correspond à rien du tout. Ça excite le petit monde politico-médiatique qui n’est pas branché avec la réalité de ce que vivent les Français. »

Macron ne doit « pas être l’homme de la division », selon Jean-Marie Le Guen. Le secrétaire d’Etat n’a pas été pas « rassuré » par le discours de l’ancien ministre mardi à Strasbourg. Il estime que la division que pourrait créer Macron risque de « disqualifier » la gauche à la présidentielle de 2017

« Je ne crois pas à la stratégie qui est la sienne, de créer une offre politique qui n’aurait pas de racines, d’histoire, de collectif. Ce que j’ai entendu hier [mardi] ne me rassure pas de ce point de vue. J’ai trouvé la difficulté à tenir des mots et des propositions véritablement nouvelles. C’est un petit peu hors-sol », a réagi le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement sur iTELE.

« On peut avoir une très haute ambition pour soi-même et en même temps travailler de façon collective. Je ne pense pas que l’individualisme poussé jusqu’au bout soit une solution pour les temps qui viennent. C’est un défaut de l’époque. Attention de ne pas tomber dedans », a conclu Le Guen.

Jean-Michel Baylet préfère cultiver les convergences. De son côté, le ministre de l’Aménagement du territoire, ancien président du Parti radical de gauche, a expliqué sur Sud radio et Public Sénat que « le positionnement idéologique d’Emmanuel Macron est assez près de la ligne des radicaux : très progressiste sur le plan sociétal, raisonnablement libéral sur le plan économique ».

« Il n’empêche qu’il faut faire attention. Nous approchons des élections, la gauche est menacée de ne pas être au second tour. En ce qui me concerne, je préfère cultiver les convergences plutôt que les divergences, rassembler plutôt que de diviser », a lui aussi averti Baylet.

Pour Michel Sapin, Macron fait « du neuf avec du vieux ». Le ministre de l’Economie et des Finances a comparé les paroles de Macron avec celles du député centriste Jean Lecanuet, candidat à la présidentielle face au général De Gaulle en 1965. Les premières propositions du prédecesseur de Michel Sapin sont « des paroles qu’on a déjà entendues », a souligné le ministre sur Europe 1.

« Je peux dire que je les ai déjà entendues en 2007, mais avec plus de talent et plus d’intuition de la part de la candidate socialiste de l’époque », a poursuivi le ministre, qui fut l’un des soutiens de Ségolène Royal lors de la présidentielle il y a neuf ans.

Et « je m’en souviens, j’étais petit, M. Lecanuet disait la même chose en 1965. C’était la même chose, c’était les mêmes mots », a-t-il ajouté, jugeant nécessaire de ne pas s’en tenir à des « slogans ». « Evidemment, il ne peut pas gagner. Par contre il peut faire perdre. Il peut faire perdre la gauche », a-t-il déclaré.