Présidentielle: Pour les militants d’«En Marche», aucun doute, Macron sera bien candidat

REPORTAGE « 20 Minutes » a interrogé les militants venus écouter l’ancien ministre de l’Economie à Strasbourg…

Thibaut Le Gal

— 

L'ex-ministre Emmanuel Macron lors d'un meeting à Strasbourg, le 4 octobre 2016.

L'ex-ministre Emmanuel Macron lors d'un meeting à Strasbourg, le 4 octobre 2016. — AFP

Ils étaient nombreux à patienter dans la longue file d’attente les menant à l’entrée du Palais des Congrès de Strasbourg ce mardi soir. Près de 1000 militants ou sympathisants du mouvement « En Marche » sont venus écouter Emmanuel Macron exposer ses « pistes pour répondre au malaise démocratique ».

L’ancien ministre de l’Economie a fait un pas de plus vers la présidentielle, sans toutefois jamais franchir réellement le Rubicon. 20 Minutes a interrogé ses partisans. Et pour eux, il n’y a pas de doute, leur chef de file sera bien candidat en 2017.

« Je n’ai pas de doute quand j’entends son discours »

« Il est le seul qui puisse rassembler pour l’élection présidentielle avec un discours libéral mais sans jamais renier les valeurs de la gauche », affirme Robin Van Puyvelde. L’étudiant en commerce de 22 ans est convaincu qu’Emmanuel Macron se lancera dans les prochaines semaines. « Je n’ai pas de doute quand j’entends son discours. Si Nicolas Sarkozy gagne la primaire, il aura un boulevard au centre. Macron aura alors toutes ses chances de l’emporter ».

>> A lire aussi : Emmanuel Macron assure qu'il n'est pas candidat «aujourd'hui»

Jean-Victor Shilling-Ford est adhérent depuis septembre. Il n’avait jamais adhéré à un mouvement politique dans le passé. « Ce qui compte avant tout, ce sont les idées. C’est ça qui m’a attiré à participer à "En Marche". Et le côté participatif, voir des gens de partout nous rejoindre ». Mais s’il veut imposer ce projet, la question de l’incarnation viendra forcément très vite. « Le diagnostic, c’est bien. Mais si ça reste sur le papier, ça n’a pas d’intérêt », reconnaît le directeur commerical de 31 ans. « Il faut bien quelqu’un pour conduire le wagon. Et pour ça, évidemment, Macron est le mieux placé ».

« S’il renonçait, ce serait quand même beaucoup d’énergie dépensée pour rien, non ? »

Anne nuance un peu. « Bien sûr, je le souhaite. Je pense aussi que lui veut être candidat. Mais c’est peut-être encore un peu tôt. Il faut attendre que le mouvement grandisse encore. Si ce n’est pas cette fois, ce sera dans cinq ans », avance la cadre pharmaceutique de 41 ans. Pierre-Jean Didiot est lui aussi dans l’industrie pharmaceutique. Il est aussi maire sans étiquette de Sarralbe en Moselle. « Macron nous sort du ronron de la politique quotidienne. Il y a une véritable attente autour de sa candidature. Un vraie adhésion autour d’un homme et d’un projet et pas simplement le rejet du candidat d’en face ».

>> A lire aussi : Docteur Macron donne «ses pistes» pour lutter contre «le malaise démocratique»

L’ancien rocardien développe. « Il ne veut pas griller les étapes. C’est lui le maître des horloges. Bien sûr, j’espère qu’il sera candidat au final. S’il renonçait, ce serait quand même beaucoup d’énergie dépensée pour rien, non ? »

Patrick Kuhn se réjouit de voir Emmanuel Macron candidat. « Les clivages gauche-droite me fatiguent. Je ne veux pas voir la revanche de 2012, Sarkozy-Hollande ». Ce retraité de la banque est un rocardien historique. Il est convaincu que cette fois, le candidat de la « deuxième gauche » peut l’emporter. « En réalité son seul adversaire est Alain Juppé. Parce qu’il prendra des voix au centre, et parce qu’il a déjà annoncé qu’il ne fera qu’un seul mandat à l’Elysée ». Son seul doute ? « Je crains une chose. Que Macron et Hollande cachent bien leur jeu et se rejoignent finalement pour l’élection ». Malgré la démission ? Malgré l’accusation de Brutus ? L’homme de 66 ans sourit. « Vous savez, je suis un vieux militant. En politique, les amitiés, les ruptures, les alliances, tout ça va très vite ».