Après avoir ausculté la France, Docteur Macron donne «ses pistes» pour lutter contre «le malaise démocratique»

REPORTAGE L'ancien ministre a fait un pas de plus vers la présidentielle, en meeting mardi soir à Strasbourg...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron, le mardi 4 octobre à Strasbourg.

Emmanuel Macron, le mardi 4 octobre à Strasbourg. — PATRICK HERTZOG / AFP

A peine descendu du train, il renvoie Manuel Valls et Alain Juppé dans les cordes avec le sourire. « Je ne tacle pas, je leur réponds », s’amuse-t-il devant la foule de journalistes. Emmanuel Macron sait qu’il est très attendu, ici, à Strasbourg. L’ancien ministre tient son premier meeting, « La France qui subit », depuis sa démission du gouvernement fin août. Enfin une déclaration de candidature ? Non, une réunion publique (il y en aura trois) devant 700 partisans pour présenter le « diagnostic » du pays.

« Ce soir commence l’étape de la restitution, du partage »

« Diagnostic », voilà le mot du jour. En début de meeting, place aux « marcheurs ». Huit militants évoquent (longuement et un peu fébrilement) « l’auscultation » de la France lancée par le mouvement « En Marche » depuis plusieurs mois. « Quand on va chez son médecin, il commence par nous écouter et faire des analyses avant de nous prescrire un médicament », lance l’un d’eux.

Une autre s’enthousiasme : « Nous avons recueilli plus de 25.000 questionnaires ! » Le tout a été avalé, trié, classé, analysé. Ajouté aux notes de deux cents experts. « Ce soir commence l’étape de la restitution, du partage », insiste l’entourage d’Emmanuel Macron.

Un « off » avec des dizaines de journalistes était étrangement organisé quelques heures avant le meeting, pour expliquer et réexpliquer la démarche. « Retour au terrain », « sans filtre », « approche empirique », « pondération ». Les éléments de langage tenaient à souligner le sérieux de l’initiative. Pour quel diagnostic ? Rien de bien nouveau sur les diapos, « défi écologique », « peur du terrorisme », « chômage », « discrimination », « inégalités » « harcèlement sexuel »…

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Docteur Macron entre en scène

Emmanuel Macron s’en défend : « Il fallait faire ce compte rendu. Ce n’est pas un monologue, un engagement politique. Nous sommes allés écouter les Français, nous avons gagné le droit de porter leur voix. » Sur scène, l’ex-ministre semble avoir troqué son portefeuille pour un stéthoscope. « Il faut remonter aux causes profondes de ces symptômes, remonter aux racines du mal ». Le docteur Macron se penche ce soir sur « l’engagement » politique et citoyen.

« Nos concitoyens adorent la politique, souhaitent s’engager mais conchient le personnel politique »

Trois maux sont diagnostiqués : le déficit d’adhésion lié au problème de représentativité ; « l’irresponsabilité » démocratique ; l’absence d’efficacité politique. L’ancien banquier évoque quelques propositions, pardon, ses « pistes de réflexions » : proportionnelle dans les Parlements, société civile dans les partis, commission citoyenne tirée au sort pour surveiller l’action du président, audit des ministres, décentralisation, etc.

« Macron président »

Il faut attendre la fin du meeting pour que la salle s’enflamme. Emmanuel Macron cite le code pénal, et fustige les « donneurs de leçons » Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

Des « Macron président » surgissent. « Le moment viendra, Macron est dans son temps, comme la gauche est dans son temps. On ne bâclera pas les choses », répond un conseiller.

Le leader d’« En Marche » a aussi compris ce mardi qu’il lui restait du chemin à parcourir pour gagner le cœur de tous les Français. Dans l’après-midi, sa courte « déambulation » dans les rues de la ville avait surtout attiré… des journalistes.