Marine Le Pen, hilare à la convention du FN sur l'éducation, jeudi 22 septembre.
Marine Le Pen, hilare à la convention du FN sur l'éducation, jeudi 22 septembre. - PATRICK KOVARIK / AFP

Draguer les étudiants et les enseignants, tout en préparant la campagne présidentielle sur le plan des idées. Pour sa première convention thématique (il y en aura huit en tout),le Front national a choisi de s’intéresser à l’éducation. Ils ne sont qu’une centaine à y assister ce jeudi à Paris, mais la ferveur est là. L’arrivée de Marine Le Pen est saluée par les applaudissements nourris des participants, qui restent debout pendant de longues minutes. La plupart d’entre eux font partie des collectifs Marianne (étudiants) et Racine (enseignants), chargés de remettre à Marine Le Pen 100 propositions sur l’éducation en fin de journée.

« Il faut redresser l’école et l’enseignement supérieur », scande Florian Philippot, le vice-président du Front National, qui fustige au passage les politiques « de destruction de l’école de l’UMPS » et les réformes fondées sur les réflexions « de pseudo-experts qui hantent les couloirs des ministères ». Lorsqu’il évoque Najat-Vallaud Belkacem, les huées retentissent dans la salle. « Nous écouterons les bonnes idées de la base », affirme-t-il, avant de laisser la parole aux étudiants et aux enseignants qui animent les tables rondes.

Instaurer la sélection à l’université

Trois heures de propositions tous azimuts, dont beaucoup reprennent des idées du clan Républicains en les poussant à l’extrême. Exemple avec l’université, où les deux collectifs proposent l’instauration de la sélection à l’entrée du master, mais aussi de la licence. Et le collège unique, tant défendu par la gauche, doit être torpillé selon eux. Il doit être remplacé par un collège de détermination qui permettra aux élèves de s’orienter vers l’apprentissage dès la 4e. Quant à la série S au lycée, elle doit être totalement réformée et les bourses au mérite doivent faire leur retour. En primaire, « pas besoin d’un vernis interdisciplinaire pour les enfants », estime Alain Avello, président du collectif Racine, qui estime qu’il faut recentrer les apprentissages sur les fondamentaux.

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La thématique de la laïcité est aussi largement abordée. «La loi de 2004 [interdisant les signes religieux dans les écoles publiques] doit être étendue à l’ensemble de l’enseignement supérieur », suggère Daniel Auguste, le président du collectif Marianne, qui ne veut plus du voile à l’université. Et plusieurs intervenants proposent aussi l’instauration du port de l’uniforme en primaire et dans le secondaire « pour assimiler chaque jeune à la nation », insiste Alain Avello. Le volet sécuritaire et autoritaire n’est pas en reste. Pourquoi ne pas interdire les blocus dans les universités, donner aux présidents des universités la liste des étudiants fichés S ?

Mettre fin au collège unique

Des propositions dont certaines semblent déjà séduire la candidate à la présidentielle. Très attendue par son public,Marine Le Pen monte à la tribune pour un discours de clôture offensif. Torpillant elle aussi les « folies pédagogistes » et les réformes de l’Education nationale, « véritables bombes à retardement », Marine Le Pen répète que « l’Education nationale a été le grand cobaye de la France » et qu’elle veut en finir avec les dogmes. Avant de reprendre trois idées phares qui feront sans doute partie de son programme : « En primaire, 50 % du temps d’enseignement devra être consacré à l’apprentissage du Français », lance-t-elle sous un tonnerre d’applaudissements. « Il faut en finir avec le collège unique et faire de la voie professionnelle, une voie d’excellence », poursuit-elle. Concernant l’université, la candidate du Front nationale explique qu’il « faut instaurer la sélection » à tous les échelons. Le public acquiesce à nouveau.

« Elle a raison, il faut instaurer la sélection en master », commente Quentin, un étudiant parisien, avant de quitter les lieux. Même enthousiasme chez Valentin, étudiant en droit à Lille : « En licence, les amphis sont bondés et certains étudiants ne s’inscrivent que pour toucher la bourse. Avec la sélection à la fac, on n’aura plus que des gens motivés ». Philippe, prof de physique à Paris et sympathisant du FN, repart aussi satisfait : « J’ai trouvé intéressante l’idée de refonder la section S pour diversifier la filière », confie-t-il. « Imposer 50 % de cours en Français en primaire, c’est une bonne chose. Ça évitera que l’on retrouve des étudiants à la fac ne sachant pas écrire correctement », estime de son côté Victor, un autre étudiant, avant d’être invité avec ses camarades du collectif Marianne par Florian Philippot à prendre un café. De quoi souder encore la famille politique.

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