Présidentielle 2017: Les trois travaux herculéens de François Hollande pour défendre sa candidature

POLITIQUE Le chef de l'Etat va devoir batailler pour être candidat...

Thibaut Le Gal

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Le président François Hollande lors d'une conférence de presse à Dublin, ler 21 juillet 2016

Le président François Hollande lors d'une conférence de presse à Dublin, ler 21 juillet 2016 — PAUL FAITH AFP

« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ». La célèbre phrase de Jacques Chirac colle plutôt bien aux derniers mois du quinquennat de François Hollande. Le chef de l’Etat voit les ennuis s’accumuler, et une nouvelle candidature s’écrire en pointillé. S’il souhaite être réélu, le président de la République va devoir relever plusieurs travaux herculéens.

>> Tuer l'hydre de Lerne

Les candidatures à gauche poussent comme les têtes sur l’hydre de Lerne. Plusieurs personnalités ont annoncé leur participation à la primaire socialiste : François de Rugy, Jean-Luc Bennhamias, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, mais aussi des anciens ministres, Benoît Hamon, et probablement Arnaud Montebourg.

Dernier coup sur la tête : le départ d’Emmanuel Macron du gouvernement, qui souhaite se consacrer à son projet pour 2017. « On voit bien qu’il y a un éclatement de la gauche, qui, au-delà des ambitions personnelles, montre à quel point l’exercice du pouvoir crée des tensions chez les socialistes, et révèle des divergences sur l’économie ou l’Europe », remarque Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et Cevipof. « L’entrée en lice fracassante de Montebourg sur le retour de la France et son discours anti-Bruxelles illustre bien ces différences majeures ».

Comment François Hollande peut-il espérer tuer ce monstre à plusieurs têtes ? « Son pari, c’est de passer par la primaire, l’emporter à la loyale, et obliger ceux qui y ont participé à soutenir sa candidature », répond le chercheur.

Jean-Christophe Cambadélis a d’ailleurs signalé à plusieurs reprises que tous les participants devraient se ranger derrière le vainqueur. Le patron du PS a d’ailleurs mis la pression sur l’ensemble des socialistes, menaçant les soutiens de Montebourg ou de Macron de sanction voire d’exclusion. « Le candidat du PS sera celui qui sortira de la primaire », a indiqué son entourage à l’AFP.

>> Nettoyer les écuries socialistes

Les critiques se sont parfois faites violentes contre la politique de l’exécutif. Pour rassembler la famille socialiste, François Hollande pourra s’appuyer sur deux épouvantails. « Si Nicolas Sarkozy gagne la primaire de droite. Le président pourra facilement fédérer contre l’ennemi juré de la gauche », avance Bruno Cautrès. « François Hollande aura tout intérêt à réaffirmer le clivage gauche-droite. Sur les questions identitaires, et économiques, il va tenter de montrer que la droite n’a pas changé depuis les années 1980, qu’elle souhaite toujours tailler dans la fonction publique, même lorsqu’elle prend un visage plus avenant avec Alain Juppé ».

Le chercheur ajoute : « Dans une perspective de rassemblement des électeurs de gauche derrière lui, le départ d’Emmanuel Macron pourrait également lui rendre service ».

>> Dompter la courbe du chômage

Elle ne porte pas de cornes, mais la courbe du chômage est aussi difficile à dompter que le taureau du roi de Crête. Après de fortes baisses début 2016, le chômage est reparti légèrement à la hausse en mai et juin, avant de diminuer à nouveau en juillet. Difficile toutefois, de faire d’une éventuelle baisse du chômage, un argument de poids pour sa candidature. « François Hollande a trop joué sur cette inversion de la courbe du chômage. Même si elle se produisait, je ne crois pas que les Français lui en accordent le crédit », assure Bruno Cautrès. Il reste moins de quatre mois au président pour réussir ce pari.