Les socialistes qui soutiendront Macron risquent l'exclusion du parti, prévient Cambadélis

SANCTIONS « Le candidat du PS sera celui qui sortira de la primaire », a rappelé le patron du parti

C. A. avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, le 6 février 2016 à Paris lors d'une conférence de presse.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, le 6 février 2016 à Paris lors d'une conférence de presse. — CHAMUSSY/SIPA

Les futurs soutiens d’Emmanuel Macron issus du Parti socialiste sont prévenus. Le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis a rappelé que, comme pour Arnaud Montebourg, tout membre soutenant l’ex-ministre de l’Economie fera l’objet de sanction voire d’exclusion, a appris jeudi l’AFP auprès de la direction du PS.

Le premier secrétaire du PS a « rappelé ce qu’il avait dit pour Arnaud Montebourg : les statuts disent : "on ne peut pas soutenir un autre candidat que celui choisi par le PS au risque d’être exclu " », a expliqué son entourage, interrogé par l’AFP après la publication par Le Figaro et Europe 1 de sms allant dans ce sens.

Une chasse à l’homme ?

« Il ne s’agit pas de sanctionner les soutiens à Emmanuel Macron, mais d’indiquer que le candidat du PS sera celui qui sortira de la primaire », organisée par Solférino fin janvier, a poursuivi son entourage, ajoutant que « tous les socialistes » devront respecter le choix issu de cette primaire, « qu’ils soient pro-Macron ou pro-Montebourg ».

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« On sait qu’ils sont sous tension mais il ne faut pas se tromper de combat », a réagi Arnaud Leroy, député socialiste des Français de l’étranger, proche d’Emmanuel Macron. Dénonçant « un effet de manche pour masquer la difficulté qu’ils ont à renouer avec les forces progressistes », il affirme ne « pas être candidat à une investiture socialiste » aux prochaines législatives.

« S’ils veulent exclure, qu’ils excluent, c’est une chasse à l’homme parce que vous soutenez un homme » qui fait des propositions, a-t-il ajouté.

Hollande candidat « quoi qu’il en coûte »

Selon Europe 1, Jean-Christophe Cambadélis a adressé au lendemain de la démission du ministre de l’Economie deux sms à des cadres du PS. Dans le premier, il donne des éléments de langage : « déloyal, malhonnête et sans perspective » et estime que « le président doit être candidat (…), il sera candidat quoi qu’il en coûte ».

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Dans le second, le responsable socialiste estime que le mouvement d’Emmanuel Macron, En Marche !, « n’a non seulement pas vocation à être dans la Belle Alliance Populaire mais il refuse de se situer à gauche voire cherche à dissoudre celle-ci dans la droite ». « Dans ces conditions, la double appartenance n’est pas possible. Tous ceux qui la pratiqueraient seront placés devant un choix. Tous ceux qui s’en réclameraient s’exposeraient à une candidature socialiste », affirme-t-il.

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Début juillet, la députée socialiste de Haute-Garonne Monique Iborra a été exclue du PS pour avoir soutenu le maire divers gauche de Montpellier, Philippe Saurel, contre la candidate PS Carole Delga aux régionales de décembre 2015.