Conseil national Les Républicains: Quatre clashs de la grand-messe sarkozyste

REPORTAGE Les moments forts de cette journée politique à droite, alors que le programme du parti Les Républicains pour 2017 a été approuvé par les militants…

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 2 juillet à la Mutualité à Paris.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 2 juillet à la Mutualité à Paris. — WITT/SIPA

Le parti Les Républicains (LR) a tenu samedi sa dernière grand-messe avant la primaire, programmée les 20 et 27 novembre. Sous la houlette de Nicolas Sarkozy, la ligne du parti a été soumise au vote de près d’un millier de militants. Mais derrière les sourires et les acclamations, la journée a été marquée par des rivalités très fortes entre les candidats à la primaire. 20 Minutes revient sur cinq moments phares de cette journée politique…

Alain Juppé, candidat à la primaire, avec ses soutiens au café à Paris le 2 juillet 2017.
Alain Juppé, candidat à la primaire, avec ses soutiens au café à Paris le 2 juillet 2017. - WITT/Sipa

9h50. « Une confusion regrettable entre Nicolas Sarkozy, président du parti et candidat à la primaire », pour Alain Juppé

Le maire de Bordeaux adopte un ton offensif quand il arrive salle de la Mutualité. Le projet du parti pour 2017 engage-t-il le candidat à la primaire ? « Evidement non. Je veux garder ma marge de liberté et de propositions », lance Alain Juppé. Le favori des sondages ne votera pas le projet du parti car cela entretient « une confusion regrettable entre Nicolas Sarkozy, président du parti et Nicolas Sarkozy, candidat en campagne à la primaire ». Après une petite heure à la Mutualité, Alain Juppé file organiser une contre-soirée au café d’en face pour y parler du « Brexit ».

Après le café, vive le déjeuner : Alain Juppé revient à la Mutualité, et, veste sur l’épaule, discute avec les militants à l’occasion du buffet. Il distribue les petits mots et les poignées de mains, avant de ressortir pour aller à la rencontre de sympathisants. Peu après 14 heures, Alain Juppé s’en va, séchant comme prévu le discours de Nicolas Sarkozy.

Hervé Mariton, candidat à la primaire à droite, lors du Conseil national Les Républicains le 2 juillet salle de la Mutualité à Paris.
Hervé Mariton, candidat à la primaire à droite, lors du Conseil national Les Républicains le 2 juillet salle de la Mutualité à Paris. - WITT/SIPA

10h55. « Le compte n’y est pas » pour Hervé Mariton

Premier clash à la tribune, proposé par Hervé Mariton, candidat à la primaire. Dans ce programme, « le compte n’y est pas », dit celui qui « assume » de « dire "non" ». « Les Français méritent mieux que ces demi-mesures », lance ce libéral, avant d’ajouter qu’il ne votera pas le texte. Hervé Mariton se fait brièvement huer. Quelques instants plus tard, Nicolas Sarkozy reprend la parole et balance : « Ce n’est pas en s’affichant libéral que l’on gagne un 2e tour [de la présidentielle] et que l’on rassemble 21 millions de Français ». Eric Woerth, secrétaire général du parti, continue : « Tu nous as un peu irrités dans tes propos. Ce n’est pas un travail de demi-mesure ni un concours Lépine. C’est plus simple de faire un projet, seul, qu’un projet élaboré sur 15 mois [au sein du parti] ».

14h50. « Le projet est adopté », annonce Luc Chatel

Arrive le moment du vote du projet, à mains levées. Quand Luc Chatel demande qui est d’accord avec le programme, une marée de cartons bleu se lève. Il demande ensuite qui est contre, et 14 cartons rouge sont brandis. Des sifflets sont vite coupés par le monsieur loyal, qui appelle au calme et au respect des opinions. « Le projet est adopté », annonce-t-il, alors que les militants scandent « Nicolas, Nicolas ».

Nicolas Sarkozy, président LR, le 2 juillet à la Mutualité à Paris.
Nicolas Sarkozy, président LR, le 2 juillet à la Mutualité à Paris. - WITT/SIPA.

15h50 « C’est plus facile d’être sur le trottoir à parler à quelques journalistes que d’être à l’intérieur, dans la famille politique », balance Nicolas Sarkozy

Président du parti, Nicolas Sarkozy est le dernier orateur de la journée. Devant un public conquis, il vante son action à la tête du parti avant de balancer des piques. Depuis 18 mois, « je n’ai pas levé d’argent pour ma candidature mais pour ma formation politique », alors qu’« il y a peu de candidats déclarés qui ont apporté leur obole ». A Alain Juppé, qu’il ne nomme pas, il adresse : « C’est plus facile d’être sur le trottoir à parler à quelques journalistes que d’être à l’intérieur, dans la famille politique ! ».

Et alors que plusieurs de ses adversaires le pressent de clarifier sa situation entre président de parti ou candidat à la primaire, Nicolas Sarkozy rétorque : « On m’appelle à quitter responsabilités. Ça veut dire que le siège de président [LR] est plus rembourré que je pensais ». Mais son choix est déjà fait, et sa candidature, prévue pour la fin août, ne fait plus le moindre doute. « Quoi qu’il arrive dans les semaines qui viennent, ce Conseil national était mon dernier en tant que président du parti. » Fermez le ban.