Augmentation du pass Navigo «C'est la décision» de Pécresse, «elle l'assume», dit Valls

POLITIQUE Le Premier ministre s'est exprimé dans «Le Parisien»...

B.D. avec AFP

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Le Premier ministre, Manuel Valls, s'adresse à la presse, le 30 juin 2016, à Matignon à Paris.

Le Premier ministre, Manuel Valls, s'adresse à la presse, le 30 juin 2016, à Matignon à Paris. — BERTRAND GUAY / AFP

Le Premier ministre Manuel Valls estime ce samedi dans un entretien au Parisien que l'augmentation de trois euros du pass Navigo est la décision de la présidente (Les Républicains) de la région Île-de-France (IDF), Valérie Pécresse: «Elle l'assume».

«Après avoir financé les grands travaux, la modernisation des trains, il fallait aussi assurer le fonctionnement quotidien du réseau. Valérie Pécresse a fait plusieurs propositions dont l'augmentation du versement transports payé par les entreprises et la mise à contribution des usagers par l'augmentation du passe. C'est son choix, je le respecte», affirme Manuel Valls.

«J'aurais pu parler de "taxe Pécresse" mais je ne le ferai pas»

Plus trois euros, c'est la décision de Valérie Pécresse ? «C'est sa décision, elle l'assume, comme j'assume avoir signé avec elle un contrat entre l'Etat et la région pour financer l'extension des lignes de métro et de tramway, les lignes nouvelles du Grand Paris express, la modernisation des RER, notamment la ligne D pour doubler la fréquence des trains» poursuit le locataire de Matignon. «Tout ceci représente de centaines de millions d'euros en plus. Il fallait trouver de nouvelles recettes, loin de toute démagogie», tacle Manuel Valls.

Au sujet de cette augmentation, «j'aurais pu parler de "taxe Pécresse" mais je ne le ferai pas car ce dossier du transport francilien impose un sens des responsabilités», poursuit Manuel Valls, en écho à la «taxe Valls» qu'avait évoquée Valérie Pécresse mi-juin. Le Premier ministre critique d'ailleurs «toutes ces petites phrases» qui selon lui «créent des polémiques inutiles et sont contradictoires avec les choix responsables que nous faisons, ensemble».

Alors qu'on lui rappelle que le PS régional estimait que l'augmentation de trois euros du Navigo n'était pas nécessaire, il insiste: «C'est pour ça que je dis que c'est la décision de Valérie Pécresse.» Le Premier ministre souligne d'ailleurs le nécessaire «équilibre entre contribution des entreprises et des usagers», et en profite pour appeler Valérie Pécresse à «faire attention aux augmentations qui pèseraient sur les usagers, d'autant qu'ils n'ont pas encore -c'est le moins que l'on puisse dire- vu d'amélioration».

«Il n'y a rien de pire que la démagogie»

«Il n'y a rien de pire que la démagogie pendant les campagnes électorales où l'on annonce qu'on n'augmentera jamais le pass Navigo ou qu'on ne touchera pas à tel ou tel dispositif fiscal», grince encore Manuel Valls, alors que la présidente de région Les Républicains avait promis de ne pas toucher au prix du Navigo. Il dit en revanche «ne fermer aucune porte» à l'idée d'une écotaxe poids lourds, dont le principe a été adopté en IDF mi-juin.

Le Premier ministre se refuse à «juger» les six premiers mois de gestion de Valérie Pécresse. Interrogé sur les tests salivaires de dépistage de drogue et des éthylotests pour les lycéens franciliens, dont le principe a été adopté mi-mai, il répond toutefois que c'est une «proposition à l'efficacité douteuse», tout comme «revenir sur le Pass contraception est une faute».

«Il y a tant à faire pour les transports, l'apprentissage, l'université que je regrette que la région donne cette image avec des sujets polémiques pour créer du buzz», critique Manuel Valls. Celui qui est implanté dans l'Essonne, ancien maire d'Evry, assure par ailleurs qu'il sera «candidat au renouvellement de (son) siège de député l'an prochain».