TESTS ADN - Elle n’est pas vraiment solidaire du reste du gouvernement...
Cela ressemble de plus en plus au premier vrai couac de l'ouverture. Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a accusé mardi Fadela Amara «d'injurier les députés de la majorité». Mardi matin, sur France Inter, Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, a en effet jugé «dégueulasse» qu'on «instrumentalise l'immigration», dénonçant
l'amendement sur les tests ADN au projet de loi sur l'immigration.
Interrogé sur le fait de savoir si elle devait démissionner du gouvernement, Patrick Devedjian a répondu: «je ne dis pas ça, je dis que ce n'est pas bien» de tenir de tels propos.
«Je pense qu'elle a raison de dire cela de ses anciens amis socialistes», a ironisé Thierry Mariani, auteur de l'amendement polémique, estimant qu' «à l'évidence le parti socialiste se livre à une exploitation honteuse» de l'amendement sur les tests ADN proposés pour le regroupement familial. «Je suis persuadé que c'est le Parti socialiste» que Fadela Amara visait «car je ne pense pas qu'un ministre ait pu dire ça de sa propre majorité».
Certains s'en amusent, d'autres s'en offusquent
Dans la majorité, les réactions sont variées. Pour le député Axel Poniatowski, «elle est allée trop loin, elle s'est probablement laissée emporter». «Je comprends très bien qu'elle ne soit pas d'accord avec l'amendement en question, mais il faut que chacun garde son calme et soit respectueux des autres, ce qui n'a pas été le cas».
Même sentiment de Patrick Ollier qui estime qu'il «faudrait tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de prononcer des mots qui risquent de créer des problèmes de relation entre le Parlement et le gouvernement». Et de lancer : «c'est un excès de langage qui n'est pas acceptable dans le contexte de la majorité».
Le villepiniste Jean-Pierre Grand pense, au contraire, que Fadela Amara «s'exprime avec son langage à elle, qui n'est pas un langage inintéressant venant d'un ministre d'ouverture» et conclut : «tout ça est sympathique».
«C'est son problème, pas le mien»
A gauche, les députés pointent du doigt l'incohérence qu'il y aurait à rester au gouvernement pour Fadela Amara. Le communiste Maxime Gremetz lance ainsi : «moi, si j'estime qu'un gouvernement auquel je participe prend une décision aussi dégueulasse, je m'en vais tout de suite. Je ne veux pas rester avec des dégueulasses».
«Je veux bien que Mme Amara ait des considérations très dures, mais elle devrait plutôt se poser la question de ce qu'elle fait là au milieu, », tranche le socialiste Henri Emmanuelli. Avoir un jugement aussi lapidaire et ne pas avoir d'état d'âme pour rester dans ce gouvernement, c'est son problème, ce n'est pas le mien».
Bockel «pas sur la même longueur d'onde»
Ministre lui aussi d'ouverture, le secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, a déclaré ne pas être «sur la même ligne» que Fadela Amara . «Je trouve que c'est un bon texte, utile», a-t-il déclaré dans les couloirs du Palais-Bourbon. «Il faut qu'on sorte maintenant assez rapidement, avec les amendements qui ont amélioré le dispositif, de cette polémique qui n'apporte pas grand chose, qui brouille le message. Fadela est quelqu'un de franc et de direct, il faut la prendre comme elle est, il faut la prendre en entier, il ne faut pas la couper en morceaux», a-t-il déclaré.
«L'essentiel, c'est tout de même la solidarité et les éléments de convergence que nous avons avec la majorité, dont nous sommes les alliés. Tant qu'il y a solidarité gouvernementale, il est possible de s'exprimer, à l'intérieur ou à l'extérieur. Martin Hirsch l'a fait récemment et de manière extrêmement utile» a-t-il encore dit.
Les propos en cause de Fadela Amara
«L'ADN je ne suis pas d'accord parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour notre pays» avait lâché Fadela Amara. «Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse!».
Un pavé dans la mare de Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration proche de Sarkozy, et de la majorité UMP qui a voté l’amendement, dubitative sur les vertus de l’ouverture dont Fadela Amara est un emblème.
Interrogée par ailleurs sur l'hypothèse d'un recours à des statistiques ethniques, elle avait répondu: «ça aussi c'est un autre combat. Je ne veux pas qu'on définisse les gens en fonction de leurs origines, de leur religion. Créer des catégories de population c'est dangereux», avait-elle estimé.
«Le jour où ce sera trop dur, eh bien je partirai!»
«Je suis une femme libre, ne l'oubliez jamais», avait-elle fait valoir. «J'ai la possibilité de dire ce que j'ai à dire et, très franchement, le jour vraiment où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, eh bien je partirai!»
Selon un sondage CSA pour «Le Parisien», 62% des Français sont favorable à la poursuite de la politique d'ouverture.
D'après AFP
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