Alain Juppé pour «une pratique de la religion compatible avec les lois de la République»

RELIGION Le candidat à la primaire de la droite a répété dimanche sur TF1 qu’il ne fallait pas « faire un drame » d’une jeune fille à l’université qui « veut mettre un foulard sur sa tête à condition de ne pas faire du prosélytisme »...

Clémence Apetogbor

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Alain Juppé dimanche 12 juin sur le plateau de Vie Politique sur TF1

Alain Juppé dimanche 12 juin sur le plateau de Vie Politique sur TF1 — BERTRAND GUAY / AFP

Alain Juppé a estimé dimanche sur TF1 qu’il « peut » et qu’il « doit y avoir une lecture du Coran et une pratique de la religion compatibles avec les lois de la République ». Il y a « deux attitudes possibles » sur l’ islam, a expliqué ce candidat à la primaire de la droite lors de la première de l’émission Vie politique.

Un accord à trouver avec les responsables musulmans

« Si on considère que l’islam est par construction incompatible, insoluble dans la République, c’est la guerre civile », a-t-il estimé. « Il va falloir construire avec les responsables musulmans un accord entre la République et eux », notamment sur le financement des lieux de culte et la formation des imams, a-t-il ajouté.

Il a répété, arguant du « bon sens », qu’il ne fallait pas « faire un drame » d’une jeune fille à l’université qui « veut mettre un foulard sur sa tête à condition de ne pas faire du prosélytisme ».

«Ali Juppé, grand mufti de Bordeaux»

Il a par ailleurs déploré « être l’objet d’une extraordinaire propagande sur les réseaux sociaux ». « On m’appelle “AliJuppé”, on me qualifie de “grand mufti de Bordeaux”, on écrit partout que je suis en train de financer à prix d’or une immense mosquée à Bordeaux qui n’existe pas et n’existera pas ! », s’est insurgé le maire LR de Bordeaux.

« Quand on veut avoir une position un peu équilibrée et qui ne tombe pas dans les extrêmes, immédiatement on est caricaturé », a-t-il regretté.

Sur la question de l’identité, il « pense qu’il est possible de trouver un consensus entre une partie de la droite et une partie de la gauche mais pas entre la droite et la gauche globalement parlant ».

L'« identité heureuse »

Alors qu’ont été diffusés trois extraits de discours (Manuel Valls, Marine Le Pen et le dernier discours de Nicolas Sarkozy évoquant « la tyrannie des minorités »), il a dit n’adhérer à « aucun » des trois.

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Il est revenu sur son concept d'« identité heureuse », qui lui vaut les critiques des sarkozystes notamment. « L’identité ne rime pas avec exclusion et refus de l’autre, l’identité doit rimer avec diversité et unité », a-t-il expliqué.

Il faut veiller à ce que la France « ne bascule pas dans le communautarisme ». « De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a raison, encore que cela ne résume pas l’ensemble du problème de l’identité aujourd’hui », a-t-il ajouté.