Jean Massiet, YouTube
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Ils sont engagés en politique, mais ne sont pas dans un parti. Selon un sondage OpinionWay pour 20 Minutes réalisé le 4 mai dernier, 52 % des jeunes estiment que leur génération sera celle qui va réinventer la manière de faire de la politique. A l’occasion de la présentation de son dispositif « MOI JEUNE »*, 20 Minutes a sélectionné quatre jeunes de moins de 30 ans qui tentent de bousculer les codes de la vie publique.

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« Lutter contre l’abstention passive » en comparant les programmes

Leonore de Roquefeuil

Portrait : Léonore de Roquefeuil, 28 ans, se spécialise en politique internationale après des études à Sciences Po Bordeaux et en Espagne. Elle travaille alors au Programme de la Jeunesse des Nations Unies. « Là, j’ai vu que la défiance à l’égard de la politique n’était pas un problème uniquement français ». Retour en France à l’été 2014: elle lâche son boulot pour rejoindre l’équipe de Voxe à plein-temps.

Voxe : Lancé lors de la présidentielle 2012 avec quelques amis. « On se disait à l’époque "c’est quand même fou, on a accès à tout sur smartphone mais il n’existe rien pour avoir une vue claire des programmes des candidats" ». La poignée d’amis lance une plateforme pour comparer les différentes propositions, classées par thématiques. « Voxe est une sorte de Wikipédia de la politique. Tout le monde peut y contribuer à condition de citer ses sources ». Le site a été lancé dans plus de 15 pays.

Objectif : « Lutter contre l’abstention passive, le vote sans conscience. La plateforme montre que tous les candidats ne disent pas la même chose. En général, on ne s’implique pas en politique car ça paraît trop complexe. Voxe permet d’éclairer le citoyen ».

Projets : L’équipe de Voxe a remporté un prix lors d’un concours Google et prépare d’autres applications pour la rentrée et permettre notamment aux utilisateurs d’interpeller les candidats directement.

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« Dépoussiérer la politique » en la commentant comme un jeu-vidéo

Jean Massiet

Portrait : Jean Massiet, 27 ans, se considère comme un « Youtubeur de la politique ». Ce juriste et politique de formation a travaillé en cabinet à la mairie du 20e de Paris, et en tant que plume de Marisol Touraine. Après les attentats de janvier 2015, il décide de commenter en ligne les Questions au Gouvernement à la manière d’un commentateur de jeux vidéo. Il a quitté le monde politique pour se consacrer à Accropolis il y a un mois.


Accropolis : Avec des bénévoles, Jean Massiet prépare les deux séances de QAG hebdomadaires. « On sait que ça existe, mais personne regarde. C’est un format intéressant car en une heure on aborde plusieurs sujets, on voit des visages de gauche et de droite. On prend l’antenne à 15h avec le flux de l’Assemblée, j’incruste ma tête et des infos sur les orateurs, et je réponds aux questions du chat en direct ».

Objectif : « Ça peut paraître chiant des gens en costard qui parlent de sujets sérieux avec sérieux. Mon objectif est de rendre accessible la politique en la dépoussiérant. En direct, je suis suivi par 80 à 500 personnes. J’aimerais toucher un public plus large, les 15-30 ans déçus de la politique ».

Projet : Jean Massiet propose aussi des formats courts thématiques. « C’est un peu Norman t’explique la politique en 5mn. Sur le 49-3, j'ai fait 100.000 vues en 48h, c’était hallucinant ». Il espère obtenir une subvention du Sénat ou de l’Assemblée nationale pour développer ses projets d’émission interactives.

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« Réinventer le système » en rapprochant citoyens et institutions

Virgile Deville

Portrait : Virgile Deville, 25 ans, est l’un des fondateurs de Democracy OS en France. « Après HEC à Montréal, j’ai travaillé en Argentine. Un collègue du boulot m’a présenté l’équipe de Democracy OS. J’ai tout de suite adhéré par l’outil en ligne, utilisé aujourd’hui dans une dizaine de pays, et par le net-party, qui s’est présenté aux élections argentines en 2013. Quand je suis rentré en France, on a lancé une association pour promouvoir le projet ».

Democracy. OS : « L’ outil permet d’ouvrir un canal de discussion, facilite la délibération et génère le consensus avec un vote en ligne. Il permet de rapprocher des citoyens de différents acteurs institutionnels, comme les villes, en facilitant les consultations ».

Objectif : « Le logiciel est open source : il peut être repris et adapté par n’importe qui gratuitement selon les besoins. Il a par exemple été utilisé par la ville de Nanterre pour un projet de consultation citoyenne. Si on veut réinventer le système politique, cela se fera par les outils numériques »

Projet : « La démocratie représentative a permis de répondre aux contraintes d’espace et de temps pour exprimer au mieux l’opinion de tous. Mais les outils numériques permettent de compresser ces deux données. Il faut inventer des outils pour passer à une démocratie davantage collaborative. Mettre en place une intelligence collective pour faire remonter les points de vue ».

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Faire émerger un candidat de la société civile pour 2017

Maria del Mar Mella

Portrait : Maria del Mar Mella, 29 ans, est née en République Dominicaine. Elle gagne la France en 2012 après des études de droit. L’avocate rejoint LaPrimaire.org en novembre dernier au poste de coordinatrice terrain. « Ma thèse de droit portait sur les candidatures indépendantes. En arrivant en France, je trouvais normal de continuer l’engagement que j’avais dans mon pays et j’ai adhéré au projet ».

LaPrimaire.org : Faire émerger un candidat issu de la société civile, hors des partis politiques pour la présidentielle 2017. Chaque citoyen peut soutenir jusqu’à cinq candidats déclarés (aujourd’hui 150) sur le site. Une première phase de qualification aura lieu en juillet pour ceux ayant récolté 500 soutiens. Un vote final est prévu en décembre.

Objectif : « Insuffler un nouvel élan démocratique à notre pays en favorisant le renouvellement de notre classe politique ».

Projet : « Nous sommes à la recherche des 500 parrainages d’élus [condition pour présenter un candidat à l’élection présidentielle]. On sent qu’il y a un blocage, c’est un grand défi pour notre organisation. On essaye de s’adresser aux maires des petites communes pour les sensibiliser sur l’importance de faire émerger un candidat citoyen ».

 

*MOI JEUNE est une démarche collective de 20 Minutes qui, loin des clichés habituels, a voulu permettre aux jeunes de s’exprimer et de s’impliquer dans la réalisation du portrait de leur génération. Il réunit déjà une communauté de 2000 jeunes, représentatifs des 18-30 ans français. Si vous avez entre 18 et 30 ans et envie que votre voix soit davantage entendue, rejoignez le projet en vous inscrivant à l’adresse suivante : http://www.portrait-generation404.com/

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