La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, lors de l'ouverture du 69e Festival de Cannes, le 11 mai 2016.
La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, lors de l'ouverture du 69e Festival de Cannes, le 11 mai 2016. - Valery HACHE / AFP

Les réactions se multiplient ce samedi, après l’annulation d’un concert du rappeur Black M, membre du groupe Sexion d’Assaut, qui devait se produire après la cérémonie de commémoration de la bataille de Verdun. La ministre de la Culture Audrey Azoulay a ainsi dénoncé ce samedi à Cannes « un ordre moral nauséabond. »

« Des voix déchaînées ont obtenu l’annulation d’un concert au nom d’un ordre moral nauséabond et décomplexé. N’acceptons jamais cela. Ce n’est pas la première fois que l’autocensure succède à ces coups de forces inacceptables », a déclaré la ministre qui s’exprimait devant des professionnels du cinéma à l’occasion du Festival de Cannes.

« Réaffirmer nos valeurs »

« Les démocraties en Europe sont confrontées à la violence, à la montée de l’extrême droite, à la radicalisation d’une partie de leurs enfants, à la radicalisation aussi du débat public », a déploré Audrey Azoulay, estimant « qu’il est important, ici à Cannes, de réaffirmer nos valeurs et de défendre la liberté de création ».

L’ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira, s’en est prise sur Facebook à « ceux qui n’ont jamais, ni fauté, ni combattu », mais « sont les rois du bannissement ».

Rama Yade, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, candidate à la présidentielle de 2017 et épouse de Joseph Zimet, directeur de la Mission du centenaire de la Première guerre mondiale, a jugé dans un communiqué : « C’est la désertion en rase campagne du gouvernement qui a permis un tel gâchis. Encore une fois, il a plié face aux injonctions de l’extrême droite (…) Au lieu de laisser annuler le concert de Black M, descendant de tirailleur, artiste tiraillé et symbole du malaise d’une partie de la jeunesse française, le président de la République aurait dû y assister dans un esprit de réconciliation nationale. Il n’est pas trop tard. »

L’ancien ministre de la culture Jack Lang avait estimé un peu plus tôt ce samedi sur France Inter qu’il ne fallait pas « capituler devant l’idéologie frontiste ». « La mairie de Verdun aurait dû maintenir le concert, et d’ailleurs c’est illégal d’interdire une manifestation artistique comme celle-là, aucune raison ne le justifiait, il n’y avait aucune menace à l’ordre public, aucun risque de violence », a-t-il ajouté. « Je souhaiterais que nous soyons nombreux à dire que nous condamnons cette interdiction. Il ne faut pas capituler devant cette idéologie frontiste », a-t-il conclu.

Benoît Hamon, député PS et ex-ministre de l’Education nationale, a lui souligné la référence de Black M à son grand-père tirailleur sénégalais, martelant « Hommage à ceux qui ont versé leur sang pour la France ».

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a lui aussi réagi sur son compte Twitter :

Le rappeur et membre du groupe Sexion d’Assaut Black M devait se produire le 29 mai, après la cérémonie de commémoration de la bataille de Verdun, à laquelle sont attendus le président François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel.

Cette programmation avait suscité l’indignation de nombreux élus, essentiellement d’extrême droite et de droite. Après plusieurs jours de polémique, le maire de Verdun Samuel Hazard a annulé le concert, justifiant cette annulation par des « risques forts de troubles à l’ordre public ».

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