A deux voix près, les députés frondeurs, ainsi que les écologistes et les communistes, ont échoué à déposer une motion de censure de gauche. Et cette fois, le nom des frondeurs a été publié. Ils sont donc 23 socialistes, dont Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, à avoir tenté de faire tomber le gouvernement. Que risquent-ils aujourd’hui ? Une exclusion du PS ? Du groupe PS à l’Assemblée ?

« Les choses doivent être clarifiées »

« Je pense que c’est allé trop loin. Je suis témoin de l’exaspération de l’énorme majorité de députés socialistes qui ne comprennent pas cette absence de fraternité, de solidarité, de parlementaires qui font de la flibuste », a taclé Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement ce jeudi sur i-Télé.

« Je pense que les choses, à un moment ou un autre, doivent être clarifiées », a-t-il poursuivi, se « tournant vers ceux qui sont en responsabilité pour voir ce qu’il convient de faire » tout en refusant d’appeler explicitement à exclure les parlementaires frondeurs du groupe PS, voire du PS.

Exclusion du PS ?

Sur Europe 1, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a jugé que les cosignataires PS du projet de motion de gauche ont pris « une responsabilité lourde, très lourde ». Doivent-ils être sanctionnés ? « Le PS a des règles, il y a des instances au PS, ça, ça nécessite des votes », a répondu le ministre de l’Agriculture.

Pour lui, si ces députés « s’en vont, ce serait la logique. Parce que le fait d’être au PS garantit quand même pour beaucoup les possibilités d’être élu. On ne peut pas toujours contester le PS et le gouvernement et en même temps être dans cette situation où lorsqu’on se présente, on se présente avec une étiquette », a-t-il développé, alors que les investitures pour 2017 se discutent en ce moment rue de Solferino.

Très tranquille sur BFM TV ce jeudi matin, Christian Paul, le leader des députés PS frondeurs, ne s’est pas démonté. Oui, il tentera bien de réunir à nouveau une motion de censure de gauche lorsque le projet de loi travail reviendra devant l’Assemblée nationale après un passage au Sénat, si le gouvernement utilise à nouveau l’article 49 alinéa 3. Et non, assure-t-il, il n’a « jamais » été menacé d’être exclu du PS.

Cambédélis aux abonnés absents

Pour aurant, et même si le Parti de gauche exhorte les frondeurs à voter celle déposée par la droite « puisque c’est pour stopper une loi de droite », il a assuré qu’il ne voterait pas la motion de censure de la droite. Dans l’hypothèse où une telle motion de censure serait adoptée, « je m’oppose aussi ou encore plus au risque de retour de la gauche au pouvoir », a-t-il lâché. Un lapsus - « retour de la gauche » au lieu « de la droite » - qui a été immédiatement repéré par Harold Hauzy, conseiller en communication de Manuel Valls :

Parmi ces réactions, un ténor du PS manque à l’appel : Jean-Christophe Cambadélis. S’il avait mis en garde les frondeurs qu’il y avait « une ligne jaune » à ne pas franchir avant le dépôt de la motion de censure, le patron du PS est désormais aux abonnés absents.