Jean-Luc Mélenchon tire à boulets rouges sur le trio Hollande-Valls-Macron

CLASH Pour le député européen « le macronisme c’est une vision du monde extrêmement primaire, barbare »…

Clémence Apetogbor

— 

Jan-Luc Mélenchon à l'Elysée à l'occasion de la venue du dirigeant cubain Raul Castro, le 1er février 2016

Jan-Luc Mélenchon à l'Elysée à l'occasion de la venue du dirigeant cubain Raul Castro, le 1er février 2016 — WITT/SIPA

Jean-Luc Mélenchon, qui se veut être un candidat « du peuple », proche du mouvement #NuitDebout, s’oppose avec véhémence à la « caste » de la finance.

Le député européen, candidat à la présidentielle de 2017, charge le ministre de l’Economie et le couple Hollande-Valls à la tête de l’exécutif dans un entretien à L’Obs, paru ce vendredi.

Une tirade anti-Macron

« L’aspiration à l’égalité est intacte. C’est elle qui s’exprime à travers Bernie Sanders », estime Jean-Luc Mélenchon, à propos du rival d’ Hillary Clinton dans la course à l’investiture démocrate aux Etats-Unis.

« A l’inverse, Emmanuel Macron se révèle lorsqu’il propose aux jeunes de devenir milliardaires. Personne ne fait ce rêve. Le rêve, c’est de pouvoir vivre dignement », affirme Jean-Luc Mélenchon à propos du ministre de l’Economie, pourtant plébiscité par les sympathisants de gauche. Et le député européen de se lancer dans une violente charge contre le benjamin du gouvernement.

>> A lire aussi : Les Français préfèrent dormir chez Macron que chez Valls

« Ce qui est passéiste, c’est le macronisme. C’est une vision du monde extrêmement primaire, barbare, où quelques-uns s’en sortent et où le grand nombre croupit ou pâtit. Le rêve d’un monde où une petite poignée d’élites pourrait gouverner, tantôt au fouet tantôt au caramel, une masse de gens que l’on drogue avec des illusions. »

« Une connivence totale » avec #NuitDebout

« Macron est la énième coqueluche produite par le système pour faire exploser la gauche de l’intérieur », poursuit Jean-Luc Mélenchon. « On les a tous eus ! Rétrospectivement, Rocard a l’air d’un communiste exalté. Ensuite, on a eu Strauss-Kahn. Ces gens-là font aujourd’hui figure de gauchistes parce que nous sommes passés à Valls. Mais à peine celui-ci est-il monté sur le cheval de bois du manège que le système a dégainé Macron. Rien de nouveau sous le soleil. Mais les pantins sont de plus en plus pitoyables ! »

Et le député européen de s’adoucir au moment d’évoquer les manifestants de #NuitDebout, qui occupent la place de la République à Paris depuis près d’un mois. Il martèle avoir « une connivence totale » avec le mouvement. « Nuit debout doit s’étendre, car c’est au fond la stratégie de la "France insoumise" », le mouvement lancé par l’élu du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon pour sa campagne présidentielle, justifiant ainsi sa ligne politique.

>> A lire aussi : «Nuit magique», «Nuit sans toi», «Nuit d'ivresse»... Le premier mois de #NuitDebout en chansons

Hollande et Valls hors de la gauche

Interrogé sur l’existence en France de deux gauches « irréconciliables », comme l’avait affirmé le Premier ministre, Jean-Luc Mélenchon estime qu'« il n’y en a qu’une ». Toutefois, il précise que Manuel Valls « n’est pas dedans. Il a repris deux points du programme de Madame Le Pen : les cotisations sociales transférées directement dans le salaire et la déchéance de nationalité. Expliquez-moi ce que cet homme-là fait au milieu de nous ? On peut dire que c’est un républicain de droite, mais il n’a rien à voir avec notre famille intellectuelle, dont il se prétend membre. »

Même son de cloche concernant le président de la République. « Nous sommes victimes du vol des mots. Quand le PS et son personnage clé, François Hollande, ont fait du mot "gauche" la pauvre chose mensongère aujourd’hui au pouvoir, comment nommer clairement ? » interroge Jean-Luc Mélenchon.

« En France, il n’y a plus de clivage entre le PS et les Républicains mais des nuances », lance-t-il. « Il y a en revanche un clivage entre la politique qui avalise la domination du capital financier et du productivisme et celle qui prône une alternative »

Il affirme enfin « c’est la finance qui menace de mort le système mondial par sa folie. Mon ennemi, c’est l’oligarchie avec sa suite sociale : la caste. »