VIDEO. Qu'est-ce que le mouvement #NuitDebout?

MANIFESTATION Quelques milliers de personnes ont occupé, de nuit, différentes places françaises, à l’appel du mouvement #NuitDebout…

Anne-Laëtitia Béraud

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Paris, le 3 avril 2016, place de la République. Des personnes à la quatrième #NuitDebout.

Paris, le 3 avril 2016, place de la République. Des personnes à la quatrième #NuitDebout. — Tristan Reynaud/SIPA

Chaque nuit depuis jeudi, jour des dernières manifestations contre le projet de loi sur le travail, plusieurs milliers de personnes ont passé la nuit sur des places françaises, dont celle de la République à Paris, à l’appel du collectif #NuitDebout. A travers des prises de parole sur la société et la politique, les manifestants veulent semer les graines d’un plus vaste mouvement et appellent à une nouvelle « occupation » de l’espace public mardi soir. Qui compose le collectif #NuitDebout ? Quelles sont ses revendications ? 20 Minutes fait le point.

Une inspiration alternative

Sur le site Internet convergence-des-luttes.org, qui liste les différentes initiatives et moyens de communication de #NuitDebout, le « collectif informel » affirme être composé « d’intermittents, de syndicalistes et de citoyens engagés, déterminés à [s’]unir pour faire entendre [le] ras le bol de la politique gouvernementale ».

Il ajoute s’être « spontanément réuni » après une réunion fin février « autour de la dynamique du film de François Ruffin Merci Patron ! et de l’équipe du journal Fakir ». Sur la place de la République, beaucoup de jeunes, et certains moins jeunes, ont participé aux sit-in.

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L’influence des mouvements « Occupy »

« On occupe une place, un lieu, on verra bien où. Et aussi, surtout : on cause. On essaie d’inventer un truc, un point de fixation des espoirs et des luttes », expliquent les initiateurs du collectif. Ils souhaitent par ailleurs « faire de la #NuitDebout le début d’un mouvement citoyen ». Nombre de participants y voient l’amorce d’un phénomène informel comme les mouvements « Occupy » nés dans divers pays, ou comme celui des Indignés (ou « 15-M ») de la Puerta del Sol, apparu en 2011 à Madrid pour dénoncer l’austérité et la corruption.

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Des revendications multiples

Elles sont multiples et dépassent largement le rejet du projet de la loi travail porté par la ministreMyriam El Khomri. Parmi elles figurent le droit au logement, la lutte contre les violences policières, un « salaire à vie », « la démocratie par tirage au sort »,« la baisse des hauts revenus », ou encore «  l’embauche de tous les chômeurs ».

Une communication rondement menée

Si le mouvement rassemble quelques milliers de personnes par nuit depuis jeudi dans différentes villes françaises, celui-ci agrège beaucoup plus de monde sur les réseaux sociaux grâce au hashtag (mot-dièse) #NuitDebout. Parmi les outils utilisés par les initiateurs du collectif figurent un site Internet centralisant les actions et des pages telles que Onestcombien.fr, une page Facebook, des comptes Twitter (@NuitDebout et depuis lundi @BanlieuesDebout), un Tumblr, une chaîne YouTube, des vidéos en direct sur les réseaux sociaux… Avec un succès notable : dans la nuit de dimanche à lundi, un jeune homme a diffusé des images de la manifestation pendant plus de quatre heures et en direct sur Periscope, avec un pic d’audience à 80.000 personnes.

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