A gauche, le mouvement #NuitDebout divise les politiques

POLITIQUE A gauche, les personnalités politiques sont partagées entre l'envie de s'associer au projet et la peur d'être accusées de « récupération »...

H.S. avec AFP

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Des participants à la "Nuit debout", le 2 avril 2016 place de la République à Paris

Des participants à la "Nuit debout", le 2 avril 2016 place de la République à Paris — DOMINIQUE FAGET AFP

« Un mouvement formidable » pour Jean-Luc Mélenchon, du « rêve » pour Julien Dray, « une grande source d’espoir » pour Olivier Besancenot… Depuis l’organisation de la première « Nuit Debout », place de la République à Paris à la suite de la mobilisation contre la loi travail, les rassemblements se poursuivent chaque soir et commencent à susciter l’intérêt des personnalités politiques.

Sans structure verticale, le phénomène « Nuit Debout », porté par son hashtag sur les réseaux sociaux, ne revendique aucun d’organisateur mais des commissions créées à la hâte : action, communication, intendance etc. « On décentralise, et on décide de tout en AG : on a des centaines de personnes qui doivent travailler ensemble du jour au lendemain », expliquait samedi à l’AFP, Cassien, 24 ans.

Un modèle alternatif qui intrigue à gauche. Si certains partis, particulièrement engagés contre la loi travail, comme Europe Ecologie-Les Verts ou le NPA, se sont immédiatement joints à la mobilisation en participant aux assemblées générales, d’autres restent dans l’expectative comme le socialiste Julien Dray : « Je ne sais pas s’il y aura un mouvement des Indignés (…) Il n’y a pas ceux qui ont le monopole de l’indignation et ceux qui ont le monopole de la résignation (…) Place de la République, il y a des discussions, il ne faut pas non plus surestimer ce qui est en train de se passer. J’ai comme toujours pris le temps d’aller voir, il y a des choses qui se disent, il y a du rêve, tant mieux, de l’envie, tant mieux. »

Jean-Luc Mélenchon, déjà déclaré candidat pour l’élection présidentielle de 2017, a, lui, oscillé entre la volonté d’être associé au mouvement et la peur d’être taxé de « récupération » : « Je vais vous dire une bonne chose pour que vous le marquiez en toutes lettres (…) : je ne veux pas récupérer le mouvement et je serai très fier que le mouvement me récupère », a lancé le candidat de la gauche de la gauche à l’élection présidentielle lors de l’émission « Le Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI.