POLITIQUE – Le ministre a présenté son projet de loi devant les députés…
Face aux députés de l’Assemblée Nationale, Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, a d
éfendu mardi son projet de «maîtrise de l'immigration» en soulignant qu'il fallait parvenir, dans les cinq ans, à ce que l'immigration économique représente 50% du flux des entrées.
Il s'est montré plus prudent, en revanche, sur les tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Le ministre a évoqué une possible «mise en oeuvre progressive», en commençant par les pays d'émigration dans lesquels nos partenaires européens pratiquent déjà ce test».
Application provisoire du test ADN
Le ministre a jugé que «pour assurer la parfaite transparence du nouveau dispositif, une évaluation conduite par une commission indépendante, composée de parlementaires, de hauts magistrats et d'un représentant du Conseil national consultatif d'ethique serait utile». Et d’ajouter qu’«il serait sage de prévoir une application provisoire du dispositif», avant que le Parlement n'en débatte à nouveau.
Peu avant 20h, Matignon a annoncé que le gouvernement était prêt à accepter l'amendement sur l'instauration de tests ADN pour les candidats au regroupement familial, à condition que la mesure soit assortie d'une période expérimentale de deux années et fasse ensuite l'objet d'une révision parlementaire.
Cet amendement de Thierry Mariani (UMP) avait provoqué
une vive polémique, ses détracteurs accusant le texte d’être un «
effet d’annonce à destination de l’électorat FN». Soulignant le besoin d’«améliorer la fiabilité» de l'état civil des pays d'origine, le ministre a insisté sur la nécessité de demander le «consentement individuel de chaque personne faisant l'objet du test».
Brice Hortefeux a par ailleurs assuré que le gouvernement «sera très ouvert à l'amendement» autorisant la mesure statistique de la diversité, adopté lui aussi par la commission des Lois. «Si l'on veut lutter contre les discriminations liées aux origines, il faut pouvoir les mesurer!», a-t-il lancé.
Evaluation du niveau de français
Premier texte présenté par Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, le projet entend «mieux encadrer le regroupement familial», dont il durcit les conditions. Il prévoit ainsi la mise en place, dans le pays d'origine, d'une «évaluation de connaissance de la langue et des valeurs de la République». Si le test est négatif, une formation est organisée et sanctionnée par une «attestation de suivi». Une nouvelle évaluation à l'issue de chaque formation.
Les plus de 65 ans sont dispensés du test.
Ressources minimum
Une deuxième série de mesures durcit les conditions de ressources nécessaires au regroupement familial telles que définies par la loi Sarkozy sur l'immigration de juin 2006. Selon le projet, les ressources exigées doivent être «au moins égales» au smic. La commission des lois a porté à 1,33 fois le smic les ressources exigibles pour le regroupement de familles de «six personnes ou plus».
Selon
un sondage OpinionWay pour LCI et Le Figaro, publié mardi dans le quotidien, trois Français sur quatre (74%) sont majoritairement favorables à une limitation du regroupement familial aux seules personnes qui maîtrisent la langue française. 14% y sont plutôt opposés et 11% sont sans opinion.
Sa. C. avec AFP