Prince Mohammed bin Nayef et and Francois Hollande à l'Elysée, le 04/03/2016. WITT/SIPA/1603041617
Prince Mohammed bin Nayef et and Francois Hollande à l'Elysée, le 04/03/2016. WITT/SIPA/1603041617 - SIPA

De quoi relancer la polémique. La nouvelle de l’attribution en catimini, le 4 mars, de la légion d’honneur au prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Nayef par François Hollande avait été vivement critiquée en France, alors que le régime saoudien a procédé à 70 exécutions depuis le début de l’année. Mais tandis que l’entourage du président français évoquait « une pratique protocolaire courante », le magazine Causette affirme jeudi que cette décoration serait intervenue à la demande du royaume.

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Pour appuyer ses révélations, le mensuel féminin publie un échange de mails entre l’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Bertrand Besancenot, et le conseiller de François Hollande pour le Moyen-Orient, David Cvach : « Cher David, écrit l’ambassadeur, je me permets de t’envoyer la copie jointe de la proposition de décoration pour le prince Mohamed ben Nayef. Je sais que certains s’interrogent sur l’opportunité de décorer maintenant le prince héritier, peu de temps après la campagne médiatique contre l’Arabie Saoudite en France. Certes, le royaume n’a pas bonne presse… ».

« Il faut que ce soit discret vis-à-vis des médias mais sans dissimulation »

Bertrand Besancenot précise ensuite : « Il me paraît indispensable de répondre à sa demande de recevoir la Légion d’Honneur, à un moment où il souhaite renforcer sa stature internationale ». Puis dans un autre mail également publié par Causette, Jérôme Bonnafont, directeur de la section Afrique du Nord et Moyen-Orient du cabinet de Jean-Marc Ayrault au ministère des Affaires étrangères, donne ses conseils sur la communication : « Il faut que ce soit discret vis-à-vis des médias mais sans dissimulation », écrit-il, en recommandant d’évoquer la lutte contre Daesh et d’ajouter « pour faire bonne mesure, des elements droit de lhomme dans les elements se langage bien sur. » (sic)

Invité sur France Inter, Jean-Marc Ayrault avait justifié le choix du président en évoquant les discussions entre les deux pays sur la paix en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères s’était efforcé de déminer la polémique en invoquant une « tradition diplomatique » et une cérémonie qui n’avait « rien de solennel ».

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