François Hollande et Mohammed ben Nayef à l'Elysée.
François Hollande et Mohammed ben Nayef à l'Elysée. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Une décoration qui risque de faire jaser. Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, également ministre de l'Intérieur, a été décoré de la légion d'honneur vendredi par le président François Hollande, qui l'a reçu à l'Elysée, a indiqué la présidence de la République, interrogée dimanche par l'AFP.

Cette visite, inscrite à l'agenda présidentiel, n'avait fait l'objet d'aucune communication de l'Elysée vendredi.

70 exécutions depuis janvier

Cette décoration a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, alors que depuis le début de l'année, le régime saoudien a procédé à 70 exécutions, la dernière ayant eu lieu ce dimanche avec la décapitation d'un Saoudien condamné à mort pour meurtre. Ainsi, cette responsable de de Human Right Watch a-t-elle tweeté:

Le FN a aussi beaucoup critiqué cette remise de distinction:

L'Agence de presse saoudienne SPA avait pour sa part rendu compte de cette visite, signalant qu'elle avait été l'occasion de cette décoration.

Allié important contre l'Etat islamique

Le prince héritier a reçu cette décoration «au titre de personnalité étrangère, une pratique protocolaire courante», a souligné l'entourage de François Hollande. Le président de la République avait lui-même été «décoré de l'ordre suprême du Royaume» lors d'une de ses visites en Arabie saoudite, a-t-on rappelé de même source.

La France entretient des relations très suivies avec l'Arabie saoudite, allié important en Syrie dans la lutte contre l'organisation Etat islamique  et avec lequel la France a conclu d'importants contrats d'armement.

153 personnes exécutées en 2015

Le 2 janvier, 47 personnes avaient été mises à mort en une seule journée pour «terrorisme» dans le royaume, notamment le dignitaire et opposant chiite saoudien Nimr al-Nimr, dont l'exécution a provoqué une crise diplomatique entre Ryad et Téhéran.

En 2015, 153 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, un niveau inégalé depuis 20 ans dans ce royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique. Les autorités invoquent la dissuasion pour justifier la peine de mort dans des affaires de terrorisme, de meurtre, viol, vol à main armée et trafic de drogue.

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