Le député-maire de Crest (Drôme) Hervé Mariton, le 14 décembre 2015 à Paris.
Le député-maire de Crest (Drôme) Hervé Mariton, le 14 décembre 2015 à Paris. - WITT/SIPA

« Serai-je élu président de la République ? Ce serait un bien pour la France ». Après François Fillon, Alain Juppé, Jean-François Copé et Bruno Le Maire, le candidat à la primaire à droite Hervé Mariton publie ce mercredi un livre programmatique en vue de la présidentielle. Le député de la Drôme signe Le Printemps des libertés (éd. Archipel, 18 euros), qu’il définit comme un « projet politique mobilisateur capable de restaurer la confiance des Français par un souffle de liberté et de responsabilité ». 20 Minutes revient sur cinq thèmes de ce projet, mêlant libéralisme économique et conservatisme sociétal.

  • La réduction du champ de l’intervention publique et la libéralisation de l’économie

Constatant la dépense publique française abyssale (54 % du PIB en 2014, 2.000 milliards d’euros de dette), Hervé Mariton propose de réduire structurellement celle-ci tout en libérant l’économie. Comme Alain Juppé, François Fillon ou Bruno Le Maire, le candidat propose de réduire la dépense publique (de l’ordre de 130 milliards en 5 ans), de supprimer les 35h et l ’impôt sur la fortune (ISF), ou de baisser les charges des entreprises. Il souhaite par ailleurs « la suppression du Code du travail pour s’adapter aux spécificités de chaque entreprise », une « suppression » que les autres candidats à la primaire ne souhaitent pas.

  • Un impôt sur le revenu à taux fixe et la fusion des aides sociales

« Je suis l’un des seuls, à droite, à remettre en cause le dogme de la progressivité de l’impôt sur le revenu. Je propose d’instaurer une «flat tax » (impôt proportionnel et universel) [qui s’appliquerait à tous] » et « mettre fin au maquis des aides sociales en les fusionnant dans une prestation unique ». Cet impôt, exempt de niche fiscale, se composerait d’un « seul taux normal de 15 % et d’un taux réduit de 2 % pour les revenus inférieurs à 8.000 euros ». La collecte de l’impôt se traduirait par un prélèvement effectué par les banques et pour toutes les plateformes d’économie collaborative. Les contribuables pourraient enfin affecter une petite part (5 à 10 %) de leurs impôts à des projets d’utilité publique.

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  • Réforme de la politique du logement

« La libération de l’offre [de logement] doit être la priorité de tous ». Iconoclaste, Hervé Mariton souhaite « mettre fin au système des HLM », puisque « les trois quarts des familles défavorisées n’habitent pas en HLM, tandis que de nombreux ménages aisés parviennent à en bénéficier ». Il appelle à la mise en place d’« un parc privé, libéré de certaines contraintes ». Quand son parti propose de réformer la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), Hervé Mariton souhaite abroger ce texte qui impose un quota de 25 % de logements sociaux dans chaque commune.

  • Conservatisme social et identité

« De même que j’assume être libéral, j’assume d’être conservateur ». Héraut de la manif pour tous, Hervé Mariton rappelle ses fondamentaux : l’abrogation de la loi Taubira autorisant les mariages homosexuels au profit d’un « contrat d’union civile » ; la réinstauration du principe d’universalité des allocations familiales ; le retour à « l’esprit initial de la loi Veil » sur l’avortement (IVG), en rétablissant la notion de « détresse ». Au parti Les Républicains, il est aussi partisan de la suppression du droit du sol au profit du droit du sang, qui divise profondément le mouvement.

  • La sécurité après les attentats

Après les attentats de 2015, « les moyens dévolus par la nation à une armée de métier ne suffisent plus à protéger le pays ». C’est pourquoi Hervé Mariton souhaite une « mobilisation de tous les Français sur la sécurité intérieure ». Il souhaite « un serment d’allégeance aux armes de la France », pendant lequel « tous les jeunes prennent l’engagement de défendre le pays s’il était menacé de l’extérieur ». Le candidat voudrait créer « une garde nationale » de 60.000 personnes « regroupant les réservistes des trois armées et de la gendarmerie », « présente dans banlieues », ou « appelée à se substituer » à l’armée pour les opérations de surveillance Vigipirate et Sentinelle.

 

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