L'ancien président Nicolas Sarkozy quitte le pôle financier à Paris, le 16 février 2016, après sa mise en examen pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012
L'ancien président Nicolas Sarkozy quitte le pôle financier à Paris, le 16 février 2016, après sa mise en examen pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012 - Geoffroy Van der Hasselt AFP

Il misait gros sur un comeback dans la foulée de la sortie de son dernier livre. Mais alors que Nicolas Sarkozy frémissait dans les sondages, sa mise en examen mardi, dans l’affaire de ses comptes de campagne et des fausses factures de Bygmalion, constitue un nouveau coup dur pour l’ex-chef de l’Etat sur la route de la présidentielle de 2017.

Mauvais timing

Depuis son retour en politique, fin 2014, sa cote de confiance s’est érodée. Toutefois, Sarkozy a été omniprésent médiatiquement ces dernières semaines : un livre, une émission politique sur France 2 et le 20 Heures de TF1. Cela semble produire son petit effet : il grimpe de 2 à 5 points dans les sondages récents, avec une popularité auprès des Français comprise entre 30 et 37 % d’opinions favorables. Certains, comme le directeur de la rédactions de Valeurs Actuelles, Yves de Kerdrel, estiment que le timing de la justice est « suspect ».

Ses adversaires se frottent les mains

Thierry Solère, député (LR) des Hauts-de-Seine en charge de l’organisation de la primaire et proche du candidat Bruno Lemaire, estime que c’est « difficile pour Nicolas Sarkozy d’être à la fois sur un registre politique et sur un registre judiciaire » Alain Juppé, lui, rappelle que « Nicolas Sarkozy a droit à la présomption d’innocence ». Et il adresse son « amitié dans les moments difficiles ».

Au-delà de la langue de bois, les ennuis judiciaires de Sarkozy profitent à ses adversaires déclarés à la primaire à droite pour la présidentielle. Et s’il bénéficie d’une cote de popularité nettement plus élevée, à plus de 50 % d’opinions favorables, Alain Juppé regarde derrière lui : selon la dernière enquête Ifop-Fiducial pour iTélé et Paris Match, seulement 7 points séparent les deux hommes dans les intentions de vote (39 % contre 32 %). Les adversaires de Sarkozy ont déjà commencé leur fronde : le week-end dernier, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Lemaire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Nadine Morano ont tous boycotté le discours de leur président au Conseil national du parti.

Les mot de Sarkozy utilisés contre lui

De nombreux internautes ont déterré un tweet de 2014 de Nicolas Sarkozy. « Quand un individu revient pour la 17e fois devant le tribunal, il doit être puni pour l’ensemble de son œuvre », déclarait-il dans un discours à Bordeaux.

Inquiété dans une dizaine d’affaires, Nicolas Sarkozy compte également 32 de ses proches mis en examen, rappelle Mediapart. Sa marge de manœuvre commence sérieusement à se réduire.

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