De gauche à droite, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon à La Baule, le 5 septembre 2015.
De gauche à droite, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon à La Baule, le 5 septembre 2015. - JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP

Et de sept ! Jean-François Copé a annoncé dimanche soir sa candidature pour la primaire de la droite et du centre. Il rejoint Alain Juppé, François Fillon, Hervé Mariton, Frédéric Lefebvre, Jean-Frédéric Poisson et Nadine Morano.

« Ils sont sept, bientôt dix si ce n’est onze. Ce n’est plus une primaire, c’est une équipe de foot », a ironisé le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, lundi matin sur France Info. Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet voire Jean-Christophe Lagarde devraient également se lancer dans les prochaines semaines.

« La primaire permet de gagner rapidement en visibilité et en notoriété »

« Tout le monde a en tête le succès des primaires socialistes de 2011. La primaire permet de gagner rapidement en visibilité et en notoriété avec les débats télévisés notamment », rappelle Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'institut Ifop/Fiducial. « C’est aussi un moyen de compter pour l’après. Une part importante des Français ne connaissait pas vraiment Manuel Valls ou Arnaud Montebourg en 2011. Quelques mois plus tard, le premier devenait ministre de l’Intérieur et le second ministre du Redressement productif. »

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Thierry Solère, député LR et président du comité d’organisation a prévenu: la primaire ne devra pas être une course de chevaux. « Ce n’est pas un jeu, […] quand on est candidat à la primaire, ce n’est pas pour faire un tour de piste, pour se faire connaître », expliquait-il à la mi-janvier.

«A la fin, on ne sera plus qu’une grosse demi-douzaine »

L’abondance de biens peut-elle nuire à la tenue des débats ? « Non », répond Jean-Frédéric Poisson. « Il est normal qu’un certain nombre de candidats se présente si c’est pour défendre un projet et une vision de la France. Si certains viennent pour se placer tactiquement, ennuyer d’autres candidats ou régler leurs comptes, ce n’est pas souhaitable », assure toutefois le président du Parti Chrétien-Démocrate, qui ajoute : « Le filtre des parrainages réduira de toute manière le nombre de participants. A la fin, on ne sera plus qu’une grosse demi-douzaine ».

Selon la charte de la primaire, un candidat du parti Les Républicains doit en effet posséder la signature de 20 parlementaires, ainsi que celle de 250 élus (sur 30 départements) et de 2.500 adhérents (sur 15 départements). « Le nombre de candidatures n’est pas choquant en soi. Aux Etats-Unis, les primaires républicaines ont vu s’affronter 17 candidats et le débat était serein », indique Hervé Mariton. « Lors du duel Copé-Fillon pour la présidence de l’UMP en 2012, les débats n’étaient pas vraiment lisibles alors qu’il n’y avait que 2 candidats. L’important est que chacun puisse mettre en avant ses idées pour l’alternance et le redressement du pays. »

Prudence sur les sondages

Cette large palette de possibilités pourrait permettre de mobiliser plus largement. « Des personnes du courant catholique ou de la manif pour Tous pourraient ainsi se décider à aller voter pour Hervé Mariton ou Jean-Frédéric Poisson. Mais il faut rester prudent. A l’élection présidentielle de 2002, les 16 candidats n’avaient pas empêché un record d’abstention », prévient Frédéric Dabi.

« L’offre hypertrophiée nous oblige également à être extrêmement prudents sur les sondages. Il existe une inconnue sur l’offre électorale de novembre prochain », poursuit le sondeur. Les éventuels abandons et ralliements de candidats pourraient faire évoluer l'état des forces.

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