Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy et Luc Chatel durant le Conseil national du parti Les Républicains, le 14 février 2016 à Paris.
Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy et Luc Chatel durant le Conseil national du parti Les Républicains, le 14 février 2016 à Paris. - WITT/SIPA

Au parti Les Républicains, le week-end a été riche en déclarations… et en frictions. Alors que Nicolas Sarkozy a présenté dimanche les orientations du programme du parti, son discours a été snobé par ses grands rivaux à la primaire. Brouillant la communication des annonces du président LR, Jean-Pierre Raffarin a apporté son soutien à Alain Juppé, tandis que Jean-François Copé a officialisé sa candidature à la primaire. Ce lundi, Frédéric Lefebvre et Jean-François Copé ont continué à défier le chef du mouvement, en appelant à du changement. A l’issue de ce Conseil national peu ordinaire, la position de Nicolas Sarkozy semble donc chahutée au sein de sa famille politique.

« Crise de leadership »

« Ce week-end entérine de manière spectaculaire la crise de leadership à l’œuvre chez les Républicains, et l’échec de la stratégie du retour de Nicolas Sarkozy », commente ce lundi le politologue Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives). Avec l’annonce de Jean-François Copé et le soutien de Jean-Pierre Raffarin, le temps est aujourd’hui à la multiplication des candidats pour l’investiture de la droite à la présidentielle. « Cette crise à droite voit une dissémination des candidatures, mais il y a parallèlement un processus d’élimination au profit des deux grands pôles que sont Alain Juppé et Nicolas Sarkozy », remarque le politologue.

Après ce Conseil national brouillon, Nicolas Sarkozy semble malmené, et pas seulement du côté de ses adversaires les plus farouches. Son ancien conseiller à l’Elysée, le gaulliste Henri Guaino, déplore une nouvelle fois que l’ancien chef d’Etat ne prenne pas de la hauteur. « Etre chef de parti tire Nicolas Sarkozy vers le bas », déplorait ce lundi le député LR des Yvelines sur France 2. Avant de lui faire la leçon : « Nicolas Sarkozy, il vient du mouvement gaulliste, mais je trouve qu’il devrait un peu plus se souvenir de sa propre histoire, et peut-être un peu moins se retrouver écartelé entre les libéraux d’un côté, toutes les droites de l’autre ».

Critiqué mais pas distancé

Nicolas Sarkozy « écartelé » dans son propre parti qui serait devenu une prison ? Henri Guaino oublierait peut-être que l’ancien chef de l’Etat n’a jamais tant réussi, avant 2012, que dans la compétition serrée. Et que le parti lui a servi, par le passé, de marchepied dans la conquête du pouvoir.

« De tempérament tacticien, aimant la bataille, Nicolas Sarkozy n’est pas le de Gaulle ou le Bonaparte moderne que souhaiterait de lui Henri Guaino », commente Stéphane Rozès. Avant d’ajouter : « Pour cette primaire, Nicolas Sarkozy va continuer à cliver et rendre cette primaire très tendue afin que, outre les militants LR qui le soutiennent majoritairement, le peuple légitimiste de droite aille voter pour lui », ajoute le politologue.

Choix tactique de la primaire

Et si Alain Juppé vire en tête dans les cotes de popularité à droite, sa participation à la primaire pourrait aussi sceller sa défaite, selon le politologue. « Préféré de l’ensemble des Français par rapport à Nicolas Sarkozy, Alain Juppé n’a pas lancé son appel du 18 juin pour s’adresser à tous et éviter de participer à cette primaire. Il a pris un risque certain de s’engager dans cette élection interne alors qu’il n’est absolument pas sûr que trois millions de Français aillent voter », ajoute Stéphane Rozès. Si Nicolas Sarkozy peut paraître bousculé par ses concurrents ce lundi, la compétition reste totalement ouverte.

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