Nicolas Sarkozy, au Conseil national Les Républicains. 13/02/2016. Credit:WITT/SIPA/1602131844
Nicolas Sarkozy, au Conseil national Les Républicains. 13/02/2016. Credit:WITT/SIPA/1602131844 - SIPA

Un boycott marquant. Plusieurs ténors des Républicains ont refusé d’assister ce dimanche au discours de Nicolas Sarkozy au Conseil national du parti. Ce désaveu souligne l’autorité contestée du président des Républicains au sein de son propre parti, à neuf mois de la primaire. 20 minutes fait le point sur le sujet.

Sa position de chef de file est remise en cause

Le texte présenté par Nicolas Sarkozy ce dimanche est destiné à être transformé en « projet collectif » du parti pour 2017, après amendements et vote de tous les adhérents. Problème : certains ténors de la droite ne l’entendent pas de cette oreille et n’ont pas apprécié de se voir imposer ce projet. Et ils ne sont pas dupes de la stratégie de Sarkozy qui espère que ce texte lui donnera un supplément de légitimité pour la primaire.

« Notre Conseil national a pour objet de débattre de notre ligne politique… C’est une bonne chose, sous réserve de ne pas oublier qu’une ligne politique est le résultat d’un projet pour la France, pas le fruit d’une synthèse hollandaise », a ainsi lancé samedi François Fillon à la tribune samedi. Même son de cloche chez Nathalie Kosciusko-Morizet : « Le projet sera tranché lors du vote de la primaire. Le texte [de Nicolas Sarkozy] ne verrouille rien », a-t-elle indiqué. « C’est une bonne chose que le parti travaille et propose, mais ça n’engage en aucun cas les candidats à la primaire », a renchéri Bruno Le Maire. Idem pour Alain Juppé, dont l’entourage a indiqué que le projet serait celui du candidat choisi à la primaire en novembre prochain.

Non contents d’avoir remis en cause ce texte, ces ténors des Républicains n’ont même pas daigné assister au discours du chef. D’autres à l’instar, de Jean-François Copé, ont justifié leur absence de manière ironique. Ce dernier a évoqué « des raisons familiales », alors que Bruno Lemaire a expliqué qu’il allait fêter la Saint-Valentin avec sa femme. Nadine Morano, décidément rancunière, a-elle évoqué « le 100e anniversaire de la naissance du général Bigeard ».

Ses préférences ne font plus la loi dans le parti

Luc Chatel s’est imposé avec justesse face à Michèle Alliot-Marie (55,3 % des votes contre 44,7 %) samedi pour prendre la présidence du Conseil national du parti, alors même qu’il était soutenu par Nicolas Sarkozy. Ce qui a été interprété par certains membres des Républicains, à l’instar de Philippe Gosselin, comme le signe de sa perte d’autorité : « Chatel aurait dû faire au moins deux tiers des voix ou les trois-quarts (…) Cela montre que Nicolas Sarkozy ne tient pas vraiment le parti », a-t-il déclaré au Monde.

Sa communication est parasitée

En pro de la communication, Nicolas Sarkozy a planifié une stratégie médiatique sur plusieurs mois. La sortie de son livre La France pour la vie en a d’ailleurs été un bel exemple. Et l’ancien président n’a pas hésité à accompagner ses interviews de séances de dédicaces en librairie, ce qui vaut à son ouvrage un beau succès. Mais toutes ses apparitions font dire à ses détracteurs qu’il y a le feu au lac chez les sarkozystes. « Il est obligé de griller des cartouches qu’il pensait griller plus tard », estime ainsi un conseiller.

Et même sur le plan de la communication, Nicolas Sarkozy ne semble plus être maître du jeu. Dernier exemple en date : alors qu’il s’est invité ce dimanche soir au journal de TF1 pour présenter la ligne qu’il a défini pour 2017, Jean-François Copé vient de le doubler en annonçant sa présence au 20h de France 2, le même jour à la même heure. Probablement pour officialiser sa candidature à la primaire.

Sa ligne politique ne fait plus l’unanimité dans le parti

Difficile pour Nicolas Sarkozy de faire infuser certaines de ses convictions en interne. Mardi dernier, les députés Les Républicains sont apparus divisés sur le vote concernant la révision constitutionnelle : 111 députés ont voté pour 74 contre et 8 se sont abstenus. Ce qui a témoigné de la division entre ceux qui ont adopté la ligne Fillon, anti-déchéance de nationalité, et ceux qui ont suivi le président des Républicains favorable à la constitutionnalisation de la déchéance. Le 21 janvier, une vingtaine de parlementaires dont Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Mariton ou Patrick Devedjian avaient signé une tribune dans Le Figaro intitulée Nous ne voterons pas la révision constitutionnelle.

Sa posture de favori pour la primaire est de moins en moins envisageable

Malgré ses efforts pour apparaître comme le chef de file de la droite, Nicolas Sarkozy n’y parvient pas. Un sondage BVA pour Orange et iTELE publié samedi montre qu’Alain Juppé est toujours largement favori pour représenter la droite à l’élection présidentielle de 2017. Selon ce dernier, 48 % des sympathisants de droite jugent que le maire de Bordeaux serait le meilleur candidat LR à la présidentielle, contre 20 % pour Nicolas Sarkozy et 11 % pour François Fillon et Bruno Le Maire. Pourra-t-il rattraper ce retard ?

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé