Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, le 1er février 2016 au palais de l'Elysée à Paris
Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, le 1er février 2016 au palais de l'Elysée à Paris - ALAIN JOCARD AFP

Jean-Luc Mélenchon contre-attaque. Le député européen a « proposé » sa candidature pour l’élection présidentielle de 2017. « C’est le peuple qui va en disposer. Je ne demande la permission à personne. Je le fais hors cadre de partis, je suis ouvert à tout le monde, les organisations, les réseaux, mais les citoyens d’abord », a-t-il lancé sur le plateau du 20 heures de TF1 mercredi soir.

« Il fallait passer à l’action »

« C’est le bon timing. Les débats sur les élections présidentielles ont déjà commencé. Notre courant d’idées ne pouvait rester sans voix. Il fallait passer à l’action », indique Alexis Corbière, l’un de ses fidèles soutiens. « Le calendrier s’est accéléré. Les candidats de droite sont là, Marine Le Pen s’est également déclarée. L’espace a été investi par tous les camps, sauf nous. Cette candidature est aussi une clarification face à l’idée d’une primaire à gauche, qui brouille toujours le paysage politique », poursuit Eric Coquerel coordinateur national du Parti de Gauche.

Un appel pour une primaire « des gauches et de l’écologie » a été lancé début janvier dans les colonnes de Libération. Jean-Christophe Cambadélis s’était dit favorable à cette primaire si elle prenait en compte l’ensemble des candidats à gauche. « De Macron à Mélenchon », avait précisé le premier secrétaire du PS.

« L’idée d’un candidat unique n’a pas de sens »

Mais Jean-Luc Mélenchon et le Parti de Gauche ont refusé la proposition. « Nous n’irons pas dans un dispositif qui nous obligerait à nous rallier à François Hollande s’il remportait la primaire », indique Alexis Corbière. « L’idée d’un candidat unique n’a pas de sens. C’est une perte de temps. Cambadélis veut déjà nous faire porter les difficultés du PS pour 2017 ». Avec cette annonce, Jean-Luc Mélenchon balaye les espoirs de Solférino, qui tentait encore de convaincre l’ancien candidat de se joindre à la primaire.

Une manière aussi de couper l’herbe sous le pied de ses anciens alliés communistes, « ouverts » au dispositif. « Cette annonce n’a été ni discutée ni décidée dans le cadre des rencontres du Front de gauche », a déclaré le porte-parole du Parti communiste, Olivier Dartigolles, qui assure avoir appris la nouvelle à la télévision.

« Cette démarche personnelle est handicapante »

« En s’autoproclamant candidat, Jean-Luc Mélenchon se démarque du mouvement qui est en train de se mettre en place à la gauche de la gauche sur une politique alternative », regrette André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée. « Cette démarche personnelle est handicapante pour ce processus qui rassemble des frondeurs au Front de gauche ». Le député communiste espère toujours que le candidat se rallie à la démarche collective. « La porte n’est pas fermée, mais s’il fait bande à part, ce serait très embarrassant ».

« Le PCF ne nous a pas contactés non plus quand il s’est dit favorable à la primaire », répond Eric Coquerel. Le coordinateur du PG reconnaît que le Front de Gauche est « en mauvaise santé ». L’appareil du Parti communiste, ses moyens financiers et son ancrage local seraient un atout non négligeable pour faire campagne dans les prochains mois. Mais Eric Coquerel reste confiant : « La gauche de la gauche se cherche un candidat ? Je crois que nous en avons un qui tient la route ».

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