Le gouvernement de Manuel Valls dans la salle des fêtes de l'Elysée lors de la conférence de presse de François Hollande le 5 février 2015 à Paris
Le gouvernement de Manuel Valls dans la salle des fêtes de l'Elysée lors de la conférence de presse de François Hollande le 5 février 2015 à Paris - Alain Jocard AFP

Renouer avec sa base électorale tout en faisant preuve de « cohérence », le remaniement ministériel qui doit intervenir ce jeudi s’annonce particulièrement périlleux pour François Hollande, entré dans la dernière phase de son quinquennat. Alors que les débats sur la réforme constitutionnelle divisent la classe politique, le chef de l’Etat va devoir composer avec les diverses forces politiques qui irriguent la gauche française.

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La ligne « vallsiste » irrite

Dans les couloirs de l’Elysée, les proches « historiques » de François Hollande s’inquiètent. « Valls a rétréci ta majorité. Tu ne peux pas aller à la présidentielle sur une tête d’épingle ! », rapportait un membre de la garde rapprochée du Président dans Le ParisienLa ligne engagée par le Premier Ministre, notamment en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme effraie certains socialistes, guère tentés par l’éventualité de finir acculés comme l’a été l’ex garde des Sceaux, Christiane Taubira, fermement opposée à la déchéance de nationalité. Et les refus d’entrer au gouvernement, à l’instar de Martine Aubry ou Nicolas Hulot, se sont multipliés ces dernières semaines.

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Des écologistes divisés

Il y a ceux qui sont tentés, et ceux pour qui c’est inenvisageable. Le communiqué publié mercredi par les deux porte-parole d’Europe-Ecologie Les Verts, restait par ailleurs évasif, précisant qu'« à ce jour, EELV n’a pas été contacté » par le chef de l’Etat mais que si une offre « était éventuellement faite à l’ensemble du mouvement », la direction l’analyserait « avec responsabilité ».

Si certains écologistes « frondeurs » ne cachent par leurs ambitions, Jean-Vincent Placé, François de Rugy ou Barbara Pompili en tête, d’autres y voient une incohérence totale. Les prises de positions du gouvernement, et notamment de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve concernant le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes ou le barrage de Sivens, ont durablement crispé les écologistes. Ce sont par ailleurs ces points qui ont amené Nicolas Hulot à clarifier sa position quant à une éventuelle entrée au gouvernement. Jusque-là, Hollande s’est toujours opposé au débauchage individuel mais un ultime « non » d’Emmanuel Cosse pourrait le forcer à tendre la main aux écolos qui ont quitté EELV, Jean-Vincent Placé en tête.

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Mauvais timing

Au-delà des divergences idéologiques, la temporalité de ce remaniement complique les choix pour François Hollande. A six mois des primaires à droite et d’une éventuelle primaire à gauche - si sa tenue est actée par le PS et ses partenaires à gauche - les candidats à un poste ministériel s’amenuisent. Plus l’élection présidentielle se rapproche, plus la marge de manœuvre gouvernementale se restreint : être propulsé à la tête d’un ministère, dans la dernière ligne droite du quinquennat, peut en rebuter certains. L’annonce, qui se fera vraisemblablement par voie de communiqué, doit avoir lieu ce jeudi.

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