« Tempétueux », « sanguin », « agressif », « entier » : les adjectifs pour décrire Jean-Luc Mélenchon, qui a annoncé mercredi à 64 ans sa candidature à la présidentielle de 2017, signalent combien est clivant ce transfuge du PS devenu le héraut de la gauche radicale.

« Je m’appelle Jean-Luc Mélenchon. Je suis né le 19 août 1951 à Tanger au Maroc. Je mesure 1,74m. Je pèse 79 kilos. Ma taille de chemise est 41-42. Ma taille de pantalon est 42. Je chausse du 42. Tous mes cheveux sont naturels et ils ne sont pas teintés ». C’est ainsi que le cofondateur du Parti de gauche, dont il a quitté la direction l’année dernière, s’était moqué en 2013 des publications de patrimoine des ministres, avec leur luxe de détails un peu triviaux.

Pourfendeur de Marine Le Pen, qu’il s’est fait une mission personnelle de combattre, notamment sur son terrain à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) aux législatives de 2012, il est aussi devenu le meilleur opposant à gauche de François Hollande, pour lequel il avait cependant appelé à voter au second tour. De « capitaine de pédalo » à l’automne 2011, le président est devenu « Hollandréou » en mai 2013 puis « pire que (Nicolas) Sarkozy » en janvier : un exemple du « parler dru et crû » qu’affectionne M. Mélenchon.

Le virage écolo

Ecologiste désormais convaincu, selon plusieurs membres de la direction d’Europe Ecologie-les Verts pour qui il a opéré sa « conversion » et a « désormais compris » les enjeux de la transition énergétique, il est aussi un contempteur sans relâche de l’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, comme une « masse d’insectes bureaucratiques ».

Pour cela, celui qui a voté non au référendum de 2005, prône la rupture avec les traités européens, le renforcement des Etats-nations et le retour de la souveraineté nationale sur la monnaie. Il n’a pas de mot assez durs pour l’Allemagne conservatrice d’Angela Merkel qu’il a vertement dénoncé dans son dernier ouvrage « Le Hareng de Bismarck ».

Du PS aux « Solfériniens »

Militant étudiant dans les années 70 à Besançon, il adhère au Parti socialiste en 1977. Il est ensuite élu conseiller municipal de Massy (Essonne), conseiller général de l’Essonne, puis sénateur du même département et élu député européen dans la circonscription Sud-Ouest en 2009 et 2014. Entre 2000 et 2002, il est ministre délégué à l’Enseignement professionnel dans le gouvernement Jospin.

A couteaux tirés avec le PS et son premier secrétaire, François Hollande, il finit par claquer la porte en 2008 pour créer le parti de gauche. De ce moment, il ne parlera plus des socialistes mais des « Solfériniens ». Il devient ensuite l’artisan d’un rapprochement avec le Parti communiste qui en fait le candidat du Front de gauche en 2012. Il se saisit à cette époque des symboles communistes qu’il porte haut, écharpe et drapeaux rouges, poing levé… Il parle à l’envi de cette campagne et de son « score à deux chiffres » au premier tour comme d’un « honneur », « le plus grand bonheur dans une vie de militant ».

Mais depuis, la relation s’est tendue avec ses partenaires du Front de gauche, notamment Pierre Laurent, le chef du Parti communiste dont la personnalité et la méthode diffèrent totalement de celle des siennes. Il a aussi multiplié les sorties musclées contre la presse.