Illustration de l'Assemblée nationale et des députés lors de la séance de questions au gouvernement, le 2 décembre 2016 à Paris.
Illustration de l'Assemblée nationale et des députés lors de la séance de questions au gouvernement, le 2 décembre 2016 à Paris. - CHAMUSSY/SIPA

Pas grand monde sur les bancs de l’Assemblée nationale, lundi soir, à l’occasion du vote de l’article 1 de la révision constitutionnelle, qui prévoit l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution. En effet, 136 députés étaient présents sur 577. Ces absences ont été relevées, notamment par le député PS Eduardo Rihan Cypel ou la coprésidente du groupe écologiste Cécile Duflot, qui a expliqué sur LCP : « 441 parlementaires absents au moment où on constitutionnalise l’état d’urgence… C’est une décision lourde, grave, ça ne peut pas ne pas poser question ».

Si certains élus ont la critique acerbe à propos de la séance de lundi soir, ils ne précisent pas que ce vote ne concerne qu’un article d’un projet de loi qui fera l’objet d’un vote solennel sur l’ensemble du texte, mercredi à l’Assemblée nationale.

>> A voir ici l’analyse du scrutin. Quel député a voté, qui s’est abstenu ?

Du côté des absents, on se rebiffe face aux critiques. « C’est quoi cette leçon ? », s’insurge François-Michel Lambert, député écologiste des Bouches-du-Rhône. « La polémique est nulle et stérile. Les 364 autres jours de l’année, on ne me demande pas ce que je fais, et quand je passe des nuits entières à l’Assemblée pour des lois sur la transition énergétique ou la loi [sur la réforme territoriale] NOtre, personne ne vient me dire bravo », continue-t-il. L’homme, visiblement blessé, critique Cécile Duflot : « En redevenant députée, elle a pris trois semaines de vacances alors que l’on trimait l’été sur la transition énergétique. Elle a eu le temps d’écrire deux bouquins depuis lors. Comment fait-elle alors que l’on bosse comme des fous ? », s’interroge l’élu, par ailleurs président l’Institut d’économie circulaire, enseignant-chercheur et consultant.

>> Consulter le compte rendu des débats sur le projet de loi constitutionnelle, lundi soir

« Symboliquement, l’absence des députés interpelle. Mais c’est méconnaître le travail parlementaire de l’Assemblée, qui est concentré du mardi au jeudi », continue un collaborateur de plusieurs députés Les Républicains absents lors du vote. « Le lundi, il n’y a rien d’exceptionnel à ce que les députés ne soient pas présents, car ils ont des engagements dans leurs circonscriptions ou sont dans les transports pour rejoindre Paris », ajoute le jeune homme.

Même son de cloche du côté dans l’entourage du député PS Christian Paul, qui n’a pas pris part au vote de l’article 1 du projet de loi constitutionnelle lundi soir. « Il y a beaucoup de choses qui se passent en circonscription avec la crise des agriculteurs. Et puis certains élus se sentent peut-être gênés aux entournures de voter ce projet de loi, alors ils ne sont pas allés voter. » Avant de souligner que si « le citoyen peut être choqué » de voir les bancs dépeuplés de l’Assemblée nationale, ce n’est pas pour autant que les élus ne travaillent pas.

La réponse du député LR Philippe Meunier est encore plus lapidaire. Il a justifié son absence sur RMC par la « mascarade » que représenterait, selon lui, le texte sur l’état d’urgence.

 

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