La cheffe du Front national, Marine Le Pen, sur le plateau de TF1 avec le journaliste Gilles Bouleau, le 8 février 2016 à Paris
La cheffe du Front national, Marine Le Pen, sur le plateau de TF1 avec le journaliste Gilles Bouleau, le 8 février 2016 à Paris - LIONEL BONAVENTURE AFP

Elle s’était montrée très discrète depuis la défaite de son parti aux élections régionales, il y a deux mois. Invitée ce lundi du «20 Heures» de TF1, Marine Le Pen a fait ce lundi son retour dans l’arène médiatique.

Pas d'annonce fracassante pourtant, au lendemain du «séminaire de réfexion», qui s’est tenu ce week-end. Elle confirme qu’elle sera bien candidate à l’élection présidentielle de 2017. « Sous le slogan "La France apaisée" [le nouveau slogan du FN] ? », lui demande le présentateur Gilles Bouleau. « Je verrai », sourit la présidente du Front national, ajoutant : « Je pense que la vie politique française a besoin de courage, de gens qui croient en ce qu’ils défendent et je vois peu de responsables politiques dans ce cas. »

Le sourire de Marine

Un peu plus tôt, Gilles Bouleau l’avait interrogée sur ce nouveau slogan et sur l’affiche qui l’accompagne, mettant en scène une Marine aux allures de Madone sur un fond bucolique. « Cette affiche ne rappelle-t-elle pas celle du candidat François Mitterrand avec son slogan "La force tranquille" ? », avait suggéré le journaliste. « Lui parlait de lui, moi je parle de la France. Mon espoir, c’est la France apaisée. L’autorité apaise », avait souligné la candidate, tout sourire.

Ce sourire, Marine Le Pen l’a conservé tout au long de l’entretien. L’accentuant un peu plus lorsqu’elle souhaitait éluder certaines questions. Comme lorsque Gilles Bouleau lui demande si le dernier séminaire du FN a été organisé pour comprendre les raisons de l’échec du parti aux régionales. Ou encore, si le FN n’est pas un parti franchement conservateur, lui qui ne veut toucher ni aux 35 heures, ni à la retraite à 60 ans, ni même au nombre de fonctionnaires.

Un échec ? Marine Le Pen ne rebondit pas sur ce thème, préférant parler de l’avenir, de « 2017 », des « objectifs à se fixer », des « nouveaux grands thèmes » à aborder, comme « l’écologie, le patriotisme économique, l’industrie du futur, les secteurs dans lesquels la France pourrait être première et ainsi empêcher des jeunes français de partir à l’étranger ». Quant au conservatisme du FN, Marine Le Pen le rejette sur les autres, cette « classe politique ringarde », dit-elle, ajoutant que le FN est « au contraire extrêmement moderne ».

Eléments de langage

Mais ce n’est pas d’idées politiciennes que Marine souhaite parler. Plutôt d’économie. Si la présidente du FN aborde à un moment la question migratoire, elle préfère clairement évoquer le fait que les « gouvernements d’aujourd’hui et d’hier » jetaient « les chômeurs contre les salariés » ou que la sortie de l’euro était toujours à l’ordre du jour pour le FN. Question de « souveraineté », insiste Marine Le Pen.

Et que pense-t-elle de la sortie de Jean-Lin Lacapelle, tout nouveau secrétaire national aux fédérations et à l’implantation du FN ? Gilles Bouleau lui montre les images de cet ancien directeur commercial de L’Oréal qui raconte que Marine Le Pen est en train de « faire une étude de marché » pour savoir « quel produit vendre aux électeurs ». Marine Le Pen reprend son sourire : « C’est un vocabulaire du privé. Laissez-lui quelques semaines pour se replonger dans la politique », répond-elle calmement.

Elle s’y est bien replongée en se qualifiant, par deux fois, de « candidate de la vérité ». Vérité, modernité, souveraineté… Voilà les trois éléments de langage de l’intervention de Marine Le Pen. Seule nouveauté : le calme dont elle ne s’est pas départie au fil de l’interview. Histoire de bien incarner son nouveau slogan.

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