POLITIQUE - Cacophonie gouvernementale sur les fonctionnaires...
Nicolas Sarkozy n’avait sans doute pas besoin de cela, alors que la rentrée sociale s’annonce tendue pour le gouvernement. Non, promis, il n’y a pas de
«plan de rigueur», pourtant annoncé dimanche par Christine Lagarde. Plutôt un «plan de revalorisation», comme l’a rectifié juste après en jouant sur les mots Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée.
François Fillon y est lui aussi allé de son explication de texte lundi matin: «Il n’y a pas de plan de rigueur, mais un effort constant pour réduire la dépense de l’Etat.» Bon prince, le Premier ministre a refusé de parler de «bourde». Même Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, est venu au secours de sa camarade de Bercy: «C'était au détour d'une interview. Derrière le mot "rigueur", ce que voulait dire Christine Lagarde c'était le mot "bonne gestion", c'est-à-dire "gestion attentive".»
«revalorisation»
Une défense qui met l’accent sur l’inexpérience de la ministre de l’Economie, déjà mise à mal par sa réaction tardive lors de la crise des «subprimes».
C’est aussi un cadeau pour la gauche, qui met de l’huile sur le feu: «Dans la cacophonie entre François Fillon, Claude Guéant et Christine Lagarde, la vérité c'est Mme Lagarde qui l'a dite, il va y avoir un plan de rigueur», a expliqué Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande. Le Premier ministre comme le secrétaire général de l'Elysée «essaient de masquer ce qui est en préparation».
«On peut faire mieux avec moins de gens»
Lundi matin, François Fillon a lui aussi parlé de «rigueur» et de «revalorisation» au sujet des enseignants. Il a confirmé les réductions de postes annoncées quelques jours auparavant: «On peut faire mieux avec moins de gens.»
Soit 22.000 départs à la retraite de fonctionnaires non remplacés.
Moins de fonctionnaires, mais mieux payés. Voilà la ligne directrice du gouvernement. Cela tombe bien, les syndicats évaluent à 6% la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires depuis 2000. Problème, le gouvernement va avoir du mal à ouvrir les vannes de la revalorisation: u
ne étude italienne estime que la bureaucratie française est la plus coûteuse d'Europe.
Les Français dépensent 5.765 euros par an et par personne pour entretenir leurs administrations, suivis par les Italiens avec 5.564 euros. En Espagne, les services publics ne coûtent que 3.247 euros.
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Pierre Koetschet