Le challenger Delanoë

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Publié le 1 septembre 2007.

PS - Le maire de Paris a fait sensation lors de son discours, samedi...

Et si c’était lui? Bertrand Delanoë intéresse de plus en plus au PS, et il le sait. Le maire de Paris, qui n’a pas dit encore s’il se représenterait dans la capitale en mars prochain, a marqué des points et les esprits, ce week-end à La Rochelle. Standing ovation des militants à l’issue de son discours, samedi matin, et une salle pleine à craquer de journalistes pour son point-presse cet après-midi, il y a des détails qui ne trompent pas.

Delanoë laisse planer le doute

Il ne fait guère de doute que le maire de Paris va se représenter, porté par le succès récent des Velib’ qui pourrait faire oublier la déconfiture de 2005 de la candidature de la capitale aux Jeux olympiques de
2012. Un  nouveau succès de Delanoë aux municipales, en mars 2008, serait alors pour lui une double rampe de lancement, d’abord pour le Premier secrétariat du PS lors du prochain congrès qui pourrait être organisé dans la foulée, puis pour la présidentielle 2012.  

Pour l’instant, tant sur Paris que sur le PS et la présidentielle, Delanoë laisse planer le doute. «Je ne suis candidat à rien et je peux être candidat à des choses…», a-t-il déclaré samedi, sourire aux lèvres. Mais avec la retraite momentanée de plusieurs éléphants – DSK et Fabius entre autres – le maire de Paris sait qu’il est avec François Hollande et Ségolène Royal, l’un des rares leaders crédibles du PS, même si les sondages ne l’avantagent pas vraiment. «Dans les circonstances actuelles, j’ai une petite utilité», confie-t-il.

Ce matin, dans un discours – sans fausse note - prononcé à la tribune, Delanoë a fait sensation. Ode à «l’âme France», évocation du terrorisme international, de la «crise de civilisation», ou de la «réforme progressiste des régimes de retraite», le maire de Paris a voulu montrer qu’il pouvait parler d’autres choses que de couloirs de bus ou de crèches municipales. Une manière de se tailler, pour l’avenir, un costume d’homme d’Etat.

Surtout, il n’a cessé de brosser les socialistes dans le sens de la fibre militante. Là où, durant la campagne présidentielle et aujourd’hui encore, Ségolène Royal ne cesse de dire «je», Delanoë n’a parlé que de «nous». «Nous n’avons d’avenir qu’ensemble », a-t-il lancé à la salle. Et quand il s’adonne à l’anecdote personnelle, c’est pour mieux pointer sa fidélité au PS. « J’ai ma carte du parti  depuis trente-cinq ans et je compte la garder jusqu’à mon dernier souffle », a-t-il proclamé, sous les applaudissements.

Appel du pied aux strauss-kahniens

Bertrand Delanoë peut compter sur le courant jospiniste pour se renforcer dans le parti. Une filiation qu’il va soigner, en s’affichant avec Lionel Jospin à un rassemblement des supporters de l’ancien Premier ministre, en septembre à Paris. Mais le maire de la capitale veut voir plus loin. Dès l’entame de son discours ce matin, il a rendu hommage à Michel Rocard, l’homme de la Deuxième gauche, avant de faire applaudir Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, qui «met, lui, les mains dans le cambouis».

Une manière de flatter l’aile sociale-démocrate du PS et le courant strauss-kahnien, au moment où son leader est en partance vers le FMI. Une danse du ventre qui ne trompe pas Jean-Marie Le Guen, un des lieutenants de DSK. «Certains tiennent des discours purement tactiques, on le sait, mais à ceux-là, nous indiquons que nous ne sommes pas orphelins, nous avons un chef, il s’appelle Dominique Strauss-Kahn», précise le député de Paris. Et pas Bertrand Delanoë.
A La Rochelle, Bastien Bonnefous
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