Najat Vallaud-Belkacem, le  22/1/2016 à Paris.
Najat Vallaud-Belkacem, le 22/1/2016 à Paris. - CHAMUSSY/SIPA

Egérie de la gauche et cible favorite de la droite, Najat Vallaud-Belkacem déchaîne les passions depuis sa nomination Rue de Grenelle. Pour tenter de percer le mystère de la première femme ministre de l’Education de l’histoire de France, Françoise Degois et Romain Goguelin l’ont suivie pendant neuf mois en France et à l’étranger. Résultat : le documentaire La Discrète Ambitieuse, diffusé ce lundi soir sur LCP à 20 h 30* et accessible en replay sur le site de LCP, permet de mieux cerner le personnage et de comprendre sa fulgurante ascension politique. 20 Minutes en a retenu quatre points marquants.

Elle reste discrète sur ses origines, son histoire familiale et sa religion

Sans arrêt, l’extrême droite ne cesse de la renvoyer à ses origines sociales et marocaines. Arrivée en France à l’âge de 5 ans pour rejoindre son père, ouvrier du bâtiment, elle a été naturalisée française à 18 ans. Mais elle esquive les questions des journalistes sur le sujet. Dans le documentaire, elle se laisse pourtant aller à la confidence : « Il y a une forme de timidité sociale chez moi, en tout cas à mon plus jeune âge, J’espère que je la perds de plus en plus quoiqu’elle est toujours un peu là », déclare-t-elle. Selon le psychanalyste Gérard Miller, « on a parfois l’impression qu’elle s’excuse de ce qu’elle est ». Même pudeur en ce qui concerne la religion. Le film capte l’une de ses rares déclarations sur le sujet tenu dans un collège après les attentats de janvier 2015 : « Le jour où les attentats à Charlie Hebdo se sont passés, j’étais sous le choc. Quand j’ai vu ces images des terroristes qui disaient "on a vengé le prophète Mahomet", j’ai eu très mal parce que je suis de culture musulmane, et je me suis dit : "Non pas encore, pas au nom de l'islam, pas au nom de ma religion." » Elle explique aussi ne pas être « très pratiquante ».

Son ascension ne doit rien au hasard

Cette diplômée de Sciences-Po Paris est entrée au Parti socialiste en 2002, avant de faire ses premières armes l’année suivante en intégrant l’équipe de Gérard Collomb à Lyon. Elue en 2004 conseillère régionale en Rhône-Alpes, elle devient conseillère nationale du PS quelques mois plus tard. En 2007, Ségolène Royal la choisit pour être sa porte-parole durant la campagne présidentielle, un rôle qu’elle endosse à nouveau en 2011 lors de la primaire socialiste. Elle devient ensuite porte-parole de François Hollande pendant la campagne présidentielle, puis ministre du Droit des femmes et porte-parole du gouvernement Ayrault en mai 2012. Elle hérite du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports en 2014, puis est nommée Rue de Grenelle. Une ascension graduée, qui lui a permis de faire ses preuves à chaque fois, avant d’obtenir une nouvelle promotion. « Elle est devenue une figure incontournable dans le gouvernement, comme Taubira », commente Gérard Miller.

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Elle n’est jamais aussi douée que dans l’adversité

« Ce n’est pas un petit oiseau sur la branche », dit de Najat Vallaud-Belkacem Anna Cabana, éditorialiste au Point. « On ne l’emmène pas où elle ne veut pas aller », poursuit la journaliste. De fait, on la voit dans la tourmente lorsqu’elle est brocardée par la droite concernant sa réforme des collèges. Les images de sa passe d’armes pendant son débat télévisé avec Bruno Lemaire au sujet de cette réforme en sont la preuve. La séquence a d’ailleurs été tellement suivie qu’elle a été rediffusée. Même poigne, même maîtrise, lors de son échange musclé avec des parents d’élèves et des enseignants excédés par sa réforme à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

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Elle cultive le mystère sur ses ambitions

« Je ne pense pas qu’elle laissera de trace dans l’histoire de l’Education nationale française pour ses réformes », dit de Najat Vallaud-Belkacem, Alberto Toscano, le président du club de la presse européenne. Pour autant, beaucoup d’observateurs croient en son avenir politique, tels que Gérard Miller : « C’est une présidentiable possible dans les vingt prochaines années », déclare-t-il. Elle s’en défend : « Pour avoir côtoyé des candidats à la fonction suprême, j’ai toujours l’impression qu’il faut un grain de folie, ou être à certains égards écorché vif. Ce n’est pas mon cas tout ça. J’ai l’impression d’être quelqu’un de très équilibré », déclare-t-elle dans le film. Mais faut-il la croire ?

* Des rediffusions sont prévus le 4 février à 0h30 et le 16 février à 20h30.

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